Le terminal de conteneurs de QSL: un projet qui menace le centre-ville

Par David Johnson
Publié le 19 juin 2026
Pique-nique àLa Baie de Beauport. Photo: M.D.

Dans sa dernière infolettre, Jean-Yves Duclos, député fédéral du Québec-Centre, déplore la « dévastation » et le «traumatisme urbain» causés par la construc- tion de l’autoroute Dufferin-Montmorency dans les années 1970.

Pour le centre-ville, le projet d’aménagement d’un port de conteneurs à la Baie de Beauport, proposé par l’entreprise QSL et ostensiblement soutenu par le gouvernement fédéral, est une menace aussi importante.

La Baie de Beauport est le secteur du centre-ville avec le meilleur accès à l’eau. Ce n’est pas surprenant que l’industrie convoite le secteur, mais aujourd’hui, dans la ville moderne qu’est devenue Québec, l’industrialisation d’un tel secteur si prisé est tout simplement inacceptable et devrait être renversée.

500 camions de plus par jour?

Ce qui est proposé par Quebec Stevedors Limited (QSL) est une infrastructure portuaire qui va augmenter de manière significative le nombre de navires de cargaison dans le secteur de la Baie de Beauport, et le nombre de camions qui vont circuler dans les secteurs de Limoilou, Maizerets et Beauport, pour transporter les marchandises des navires. Environ 200 000 par an, soit quelques centaines de camions de plus par jour. La circulation des véhicules dans ces secteurs cause déjà des problèmes significatifs : pollution, risques liés aux collisions, congestion routière… des centaines de camions de plus par jour ne pourront pas être accueillis sans aggraver ces problèmes.

QSL : « assisté social » corporatif et mauvais employeur

Le gouvernement fédéral a déjà fourni à QSL 1,7 milliards de dollars pour rénover ses quais existants. Dans un contexte où les besoins de la population sont criants – en termes de logement, de transport, de santé publique et d’environnement – un tel niveau «d’assistance sociale» pour une entreprise qui a triplé ses revenus et profits depuis une décennie, est une aberration.

On se rappelle également que les travailleurs qui créent ce profit financier de QSL, les débardeurs du port, ont été lockoutés pendant 987 jours par l’entreprise. L’entreprise refusait d’accorder aux débardeurs un minimum de contrôle sur leurs horaires de travail, les obligeant d’être disponible sept jours sur sept, 24 heures par jour.

« La zone sacrifiée de la ville »

Déjà dans le secteur, on y retrouve les infrastructures du port, lieu de passage de nombreux produits nuisibles pour la santé, dont le nickel. L’industrie de pâte et de papier WhiteBirch s’y retrouve également. L’incinérateur des déchets de la région de Québec est dans le secteur, directement adjacent à Limoilou. L’usine de méthanisation, où nos restes compostables sont convertis en gaz, s’y trouve également.

Peau mince

La Ville avait organisé un face-à-face entre la Table citoyenne Littoral Est et Olga Farman, présidente-directrice générale du Port de Québec, pour parler des nombreuses inquiétudes en lien avec le projet de conteneurs. Le maire de Québec Bruno Marchand a annulé la rencontre, suite à ce qu’il a qualifié d’ «attaques personnelles» de la Table à l’égard de la PDG.

Ces « attaques » n’étaient qu’une observation de la part de la Table citoyenne selon laquelle madame Farman pourrait se trouver en conflit d’intérêts, étant donné ses différentes fonctions dans le dossier : elle est à la fois administratrice de la Caisse de dépôt et placement du Québec, un important actionnaire de QSL, et PDG du Port, qui est géré par l’Administration portuaire de Québec, une société d’État fédérale.

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