Récit d’un marin de Montmagny

Par Nathalie Côté
Publié le 12 mai 2026

 

Lampe-tempête. Marin québécois de grands voiliers. Récits, essai, documents, Mathieu Parent et Dalie Giroux, Éditions Mange-Camion, Montréal, 2025, 65 p.

«Lampe tempête. Marin québécois de grands voiliers», paru en 2025 aux éditions Mange-Camion est ce qu’on pourrait appeler un beau livre. C’est surtout un objet atypique comprenant des cartes marines d’époque, quelques photos et surtout au cœur de la plaquette de quelques 65 pages : le récit du marin Elzéard Lefebvre dit Boulanger. Un récit que le marin a dicté à sa bru Marie Rousseau en 1920.

Marin à 13 ans, il y résume ses dix premières années de navigation, de 1861 à 1871. Le jeune homme de Montmagny tiendra un journal de bord pendant ses années de navigation parcourant cinq continents en voyageant dans plusieurs destinations de l’Empire britannique dont faisait partie le territoire du Québec conquis. Il voyagera à Calcutta, à Liverpool, mais aussi plus au sud, à Haïti, Boston ou plus près à Terre-Neuve et sur la Côte-Nord ou à Saint-Pierre et Miquelon.

Le récit du marin, qui deviendra capitaine, témoigne des conditions de vie difficile des marins à la fin du XIXe siècle qui risquaient souvent leur vie. C’est l’époque des grands voiliers avant l’arrivée du bateau à vapeur. L’ouvrage témoigne aussi de cette industrie navale prospère à l’époque dans le fleuve Saint-Laurent. Ce récit et les descriptions sont si fascinants qu’on en aurait lu davantage! Ces voiliers ont exporté du bois, ramené ici de la mélasse, du charbon, ils ne perdaient pas tout leur cargaison en mer.

Mathieu Parent a découvert ce récit par hasard à Saint-Jean-Port Joli et a décidé de le publier : « L’archive au cœur du livre n’a jamais été publié dans un ouvrage d’histoire, mais avait été publiée dans un livret contenant des informations généalogiques destiné à sa descendance. Notre édition permet une mise en contexte de l’expérience du capitaine et l’éclairage de sa dimension sociale, notamment, grâce à des notes, à un essai, ainsi que des documents complémentaires. »

La préface de l’ouvrage est signé Dalie Giroux et plusieurs illustrations documentent le propos. L’essai ainsi que la postface sont signés par Mathieu Parent dans la quelle il écrit : « L’archive présenté ici est un véritable trésor. (…) Un récit rarement médiatisé et encore moins de cette manière. »

Un poème de Gatien Lapointe, Ode au Saint-Laurent (1966) en épigraphe au tout début du livre, contribue à donner le ton à cette une manière originale de contribuer à l’histoire du Québec.

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