
Je vous écris alors que le lancement de la fusée Artemis II m’a plus émue que les au revoir de Papa Legault. D’ailleurs, je me demande pourquoi il n’a pas pro rogé le gouvernement jusqu’en octobre, (les prochaines élections sont annoncées depuis un moment, n’est-ce pas ?
Le bateau coule et cela depuis trop long temps il me semble, et Legault peut se sauver en nous laissant couler. Où j’en viens avec ça ? C’est avec le projet de loi 20 celle sur les coops.
Clairement, la ministre ne sait pas c’est quoi une coopérative d’habitation ! J’imagine qu’elle habite dans sa tour d’ivoire et regarde ses indigents survivre dans la rue ; pour plusieurs d’entre nous à tout le moins, les dernières statistiques à ce sujet parlent de 12 000 personnes sans abri à travers tout le Québec !
On l’imagine se dire : « Qu’est-ce que je pourrais faire ? Ah oui, surtout pas des logements sociaux, même s’il en manque. » Juste pour la région de Québec, il en manque 6 000. Non, la ministre de l’habitation a plutôt décidé de modifier certains critères d’accès : « Je vais imposer des locataires dans les coops, selon leur salaire. » On comprend ici : à bas salaire. Mais, si les coopératives d’habitation survivent, c‘est bien à cause de la mixité des gens qui y habitent. Financièrement, on ne pourrait survivre si tous les logements d’une coop devaient être subventionnés par l’État.
La classe moyenne peine aussi à rester dans ce rang, avec la hausse du prix des loyers du marché privé, dites-moi qui est capable de se payer un 4 et demi à 1 900 $ rien d’inclus, avec pas de terrain ou de balcon… Le projet de loi 20 oublie ce qu’est une coopérative d’habitation. Une coop c’est du logement hors marché locatif, c’est se donner du pouvoir, se solidariser avec ses voisin,e,s pour avoir un toit au dessus de la tête mais surtout s’y sentir en sécurité et non, comme trop souvent dans le privé, vivre avec une épée de Damoclès parce qu’on ne sait jamais quand arriveront les « rénovictions »… Les coops acceptent tous ceux qui veulent y mettre la main à la pâte. On se fout, d’où tu viens, quel dieu ou déesses tu pries, et encore plus, de ton salaire…
Au début des coopératives d’habitation, les gens bâtissaient leur logis à la sueur de leur front, avec des bâtiments décatis dont plus personne ne voulait. Tout le monde y contribuait à sa façon, un qui savait plâtrer, une autre aidait pour refaire la toiture, quelqu’un était archi tecte ou une bosse des finances et ainsi de suite.
Encore aujourd’hui habiter en coop, c’est une fierté pour nombre d’entre nous, les membres, qui contribuons à notre bien commun en y mettant temps, argent et nos talents à l’œuvre.
Le logement est devenu une marchandise, alors que cela devrait rester un besoin de base selon la pyramide de Maslow. Imagine quand tu es une famille monoparentale. Et le projte de loi 20 viendrait dire aux coops qui devrait avoir accès à ses logements ? Pourquoi le gouvernent veut y mettre son nez ? De quoi se mêle-t-on ici ? Oui, nous avons besoin de plus de logements sociaux, et non de soi-disant logement « abordables » déjà trop chers, ouvrez de géants guillemets ici. Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle loi qui mets des bâtons dans les roues de cette belle réussite, ce legs de la société québécoise que sont les coopératives d’habitation. Mme la ministre venez nous rencontrer, voir qui nous sommes, ce que nous avons bâti avec les années. Un futur, une sécurité et une dignité pour nos membres. Pourquoi scier la branche sur laquelle nous sommes assis ?