Le Centre Durocher fait parler de lui

Publié le 19 septembre 2015

Par Marc Boutin

Le Centre Durocher et son entrée principale en art déco.
Le Centre Durocher et son entrée principale en art déco.

L’administration Labeaume continue de faire fi de la démocratie locale.

Voilà qui n’est pas coutume, le vendredi 28 août, le quartier Saint-Sauveur est à la une du journal Le Devoir. On apprend que, selon Éric Martin du Comité des citoyens, « Saint-Sauveur est un désert culturel », — que les résidants veulent une succursale de la bibliothèque dans une future Maison de la culture dans l’édifice du Centre Durocher et qu’Armand Saint-Laurent d’Action-habitation espère démolir cet édifice d’ici la fin de l’année.

On y apprend également que la Ville reste obstinément figée sur une idée farfelue: il en coûterait 23 millions, un montant exorbitant, pour enlever l’amiante et retaper le Centre Durocher. Pourtant plus d’un expert ont affirmé que le coût pour éliminer l’amiante dans le Centre Durocher ne dépasserait pas 500 000 $, soit un coût moindre que celui de la démolition de l’édifice. On repassera pour le 23 millions, chiffre dont l’origine est inconnue, et dont aucun expert n’a à ce jour revendiqué la paternité.

Le lendemain, le samedi 29 août en page A6, on peut lire un deuxième article sur le même thème, celui-ci beaucoup plus révélateur que le précédent. La journaliste a parlé avec la conseillère Chantal Gilbert et on y apprend des choses assez déconcertantes :

— que pour obtenir des fonds pour une maison de la culture, la balle serait dans le camp de la députée de l’opposition à l’assemblée nationale, Agnès Maltais.

— que ce n’est pas la mission de la Ville de Québec de piloter des projets de maisons de la culture, qu’il s’agit là d’une mission propre à la ville de Montréal. — que la Ville projette pour Saint-Sauveur d’ouvrir un service de réservation de livres entièrement automatisé.

— que les résidants de Saint-Sauveur sont chanceux de vivre à côté de ce pôle culturel qu’est le quartier Saint-Roch.

— que la nouvelle microbrasserie de la rue Saint-Vallier viendra enrichir l’offre culturelle aux résidants de Saint-Sauveur.

— que ceux qui veulent tenir des activités culturelles dans Saint-Sauveur trouvent eux-mêmes leur financement.

Un tel mépris pour le quartier (de la part d’une élue) et pour la culture laisse pantois. L’équipe Labeaume ne s’intéresse qu’aux promoteurs et carbure à un populisme grossier qui trop souvent fait fi des règles de la démocratie la plus élémentaire. C’est le cas dans Saint-Sauveur.

La volonté populaire bafouée

Ce que les articles du Devoir n’ont pas dit, c’est que deux assemblées publiques ont été tenues afin de permettre à la population de Saint-Sauveur de se prononcer sur l’avenir du Centre Durocher. 170 personnes ont assisté à ces assemblées. Seules deux d’entre elles ont appuyé l’idée de démolir le Centre Durocher.

C’est dire que l’immense majorité des résidants de Saint-Sauveur intéressés par le dossier sont favorables à la conservation du Centre Durocher et à sa transformation en maison de la culture. Madame Gilbert doit en prendre acte et devra reconnaître qu’elle reçoit salaire d’abord et avant tout pour représenter la volonté des gens du quartier et non pour servir de courroie de transmission aux fantasmes du maire Labeaume.

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