Sens unique sur Saint-Vallier Ouest: la Ville doit revoir son projet

Par Nathalie Côté
Publié le 22 septembre 2023
Rue Saint-Vallier Ouest à Québec. archives DDP

Au printemps 2023, la Ville de Québec annonçait un grand chantier sur la rue Saint-Vallier Ouest. Comme cela a été fait sur la route de l’Église à Sainte-Foy, la Ville doit faire des travaux majeurs d’aqueduc ; c’est l’occasion de verdir la rue, de la rendre plus humaine. Jusque là tout va bien.

La Ville en a surpris plus d’un en annonçant non seulement la plantation de quelque 200 arbres sur 1,5 kilomètre de Saint-Vallier, entre Marie-de-l’Incarnation et le boulevard Charest, mais aussi dans sa volonté de transformer la rue en sens unique. S’en sont suivies des consultations citoyennes en présence et en ligne. Une version « finale » sera présentée cet automne par la Ville.

Le chantier, devant débuter au printemps 2024, ne fait pas l’unanimité. Certes le verdissement de la rue est inespéré et attendu depuis longtemps, mais le projet pose de sérieuses questions de sécurité pour les résidents du quartier. Le comité piéton du Comité des citoyens et des citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS) s’est penché sur les effets du sens unique et apporte une critique fondée sur une expérience du terrain vécue par les résidents et les résidentes du quartier qui ont partagé leurs préoccupations.

Pertes de services et de sécurité

Catherine Rainville du CCCQSS résume les problèmes principaux liés au déplacement de plusieurs circuits de bus (les 1, 19, 80 et 85) qui devront emprunter les petites rues du quartier (notamment des Oblats, Saint-Luc), dans la perspective d’une seule voie réservée au bus allant de l’est vers l’ouest. « Il y aurait une importante diminution du service et un problème de sécurité », explique-t-elle. « Pour les personnes âgées et celles à mobilité réduite, marcher 300 ou 400 mètres de plus pour prendre un bus peut être difficile voire impossible ». Sans compter, comme le souligne Catherine Rainville que l’hiver, la rue et les trottoirs de la rue des Oblats et des plus petites rues du quartier ne sont pas aussi bien déneigés que la rue Saint-Vallier.

Cela pourrait rendre les déplacements encore plus difficiles et diminuer la sécurité. La circulation y est déjà problématique pour les piétons alors que plusieurs trottoirs sont étroits et souvent obstrués par des poteaux de téléphone. Le sens unique aurait donc comme effet de diminuer l’accès au transport en commun pour les personnes à mobilité réduite et pour les personnes âgées. « Surtout pour les personnes vivant au nord de la rue Saint-Vallier ouest vers la rivière Saint-Charles», précise Catherine Rainville. Elles devront marcher davantage pour avoir accès au transport en commun. Selon le CCCQSS, la Ville doit tenir compte des usagers, de la sécurité et de l’accès aux services.

Sur la rue Saint-Luc, été 2023. Photo: DDP
Sur la rue Saint-Luc, été 2023. Photo: DDP

Bref, le projet de sens unique semble générer plus de problèmes qu’il n’en règle. D’ailleurs l’été dernier, les trajets de plusieurs autobus ont été détournés sur les rues Saint-Luc et des Oblats alors qu’une portion de Saint-Vallier Ouest était à sens unique pour la saison des terrasses. Des résidentes et des résidents du quartier ont fait une pétition et ont dénoncé spontanément le passage des bus sur leur rue (voir photo).

Un sens unique jamais revendiqué

Même dans le Plan de mobilité durable publié en 2016 par le CCCQSS, il n’a jamais été revendiqué par les citoyens et les citoyennes du quartier de transformer la rue Saint-Vallier Ouest en sens unique. Le plan de mobilité durable demandait un apaisement de la circulation en élargissant les trottoirs et en verdissant certaines sections de la rue. Mais surtout, le plan de mobilité durable envisageait un verdissement et un apaisement de la circulation globalement dans tout le quartier. Selon le CCCQSS la proposition actuelle de la Ville doit être donc revue.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité