Se reconnecter avec le fleuve

Par Nathalie Côté
Publié le 6 novembre 2020

La Ville de Québec a actuellement dans ses cartons le « Projet de zone d’innovation du Littoral Est », un projet de 12, 5 milliards d’investissement d’ici 2035. « Si on laisse faire ça, ce sera aussi gros et dévastateur que la construction des autoroutes dans le quartier Saint-Roch dans les années 1970 », estime Simon Parent, impliqué à la Table citoyenne Littoral Est. « Il s’agit d’une sorte de nouveau parc industriel à l’ère technologique », résume-t-il.

Ce plan de développement de la Ville comprend notamment le controversé projet Laurentia du Port de Québec, qui veut augmenter la capacité de réception et d’entreposage des conteneurs.

Parmi les 194 pages du plan de développement, on peut lire des termes suivants: « Laboratoire de surveillance 5G », « Jardins communautaires techno », « système de captage de CO2 »,« Zone de surveillance en continu et connectée », avec au centre du projet, une « maison de l’innovation ». «

C’est en contradiction avec les orientations vers lesquelles il faut aller en ce moment », soutient Simon Parent. Alors que les scientifiques annoncent, depuis plusieurs années, une augmentation du niveau de la mer, le développement du Port de Québec semble anachronique.

Simon Parent a étudié ce secteur industriel situé en plein quartier habitable. Est-ce à dire que la Ville de Québec, associée à différents partenaires privés, désire développer encore davantage les industries dans cette partie de la ville pourtant aussi résidentielle?

La Table citoyenne revendique plutôt un plus grand accès au fleuve pour la population, comme la Société des Gens de baignade demande que le Bassin Louise soit accessible aux urbains pendant l’été.

Non seulement la Table citoyenne s’oppose au projet de la Ville, mais elle a aussi élaboré un projet alternatif. Dans la vision citoyenne, il est proposé de transformer l’autoroute Dufferin-Montmorency en boulevard urbain, de créer des espaces verts pour favoriser le développement et la régénération des écosystèmes, de favoriser la marche, les déplacements à vélo et de faire du quartier un véritable milieu de vie habitable. La Table citoyenne demande aussi que 50% des personnes qui vont gérer la « maison de l’innovation », un OBNL, soient des citoyens et des citoyennes, et non majoritairement des représentants d’entreprises privées.

Sol Zanetti, député de Québec solidaire, et la Confédération des Associations d’étudiants et étudiantes de l’Université Laval (CADEUL) ont donné leur appui à la Table citoyenne littoral Est dont l’objectif est d’informer et de fédérer le plus possible de gens pour défendre un littoral est« écologique, social et économique ». II est possible d’appuyer la Table citoyenne sur le Littoral Est ici.

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