Permier disque de Stéphane Robitaille. Paroles acidulées, chantées avec douceur et sans froid

Publié le 25 novembre 2014

 

Premier disque de Stéphane Robitaille
Premier disque de Stéphane Robitaille

Par Marc Boutin

 

Le titre manque un peu d’élégance mais la musique et le contenu n’en manquent pas. Les paroles vont direct au but, rien de superflu, pas de remplissage littéraire. La musique est acoustique, presque rétro, avec des thèmes classiques et un contenu actuel. La chanson à texte est réhabilitée avec « pas de » percussion de type « ti-que-tac boum boum, ti-que-tac bang bang » qui souvent enterre l’essentiel.

Dans Fuck you mon amour, le thème des-filles-et-de-l’amour est à l’honneur. D’ailleurs, en entendant « vas-tu m’aimer encore quand je ne banderai plus depuis longtemps? », je me suis rendu compte qu’il était grand temps que je pose la question à ma blonde! Stéphane, bien connu dans les milieux populaires du centre-ville de Québec, propose aussi un hymne national pour le BAIL (Chanson qui déménage), une fin du monde déjantée « ce jour-là Bernard Derome sera en ondes » et nous met en garde : « il faut pas tout dire à son psy. »

Tendresse, compassion, révolte et ironie ont rendez-vous avec l’humour, par exemple : des colocs qui pensent « prendre leur douche ensemble » pour sauver sur le compte d’électricité avant de se rendre compte, du fond de leur taudis, qu’ils « habitent un futur condo » et doivent déguerpir. Et que dire de la « très belle journée pour se tuer » où Stéphane rejoint les rangs de ces maîtres de la dérision québécoise qui ont traité du même sujet, Félix Leclerc et Raymond Lévesque.

Le contraste entre la voix calme du chanteur et les paroles qui frappent font que le message passe. Dans une de ses chansons, Stéphane lance l’idée que le message, c’est qu’il n’y a pas de message, mais il ne faut pas le croire. Il nous en lance quand même plusieurs. Et des politiques. Il souhaite voir le jour — même si ce jour-là, nous serons morts mon frère — où « le grand capital sera décapité » et « le pape empaillé au musée des horreurs ». Et à quelle conclusion nous amène le texte sur « les propriétaires qui nous possèdent » sinon qu’il faut nationaliser au plus vite le parc immobilier ?

Proche de la pure tradition folk avec une musique au service des paroles, un beau cadeau de noël militant. Pour une fois que Droit de Parole encourage à la consommation, lâchez-vous lousse.

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