Lever le voile, un livre-choc de Yasmine Mohammed

Par Marie Savoie
Publié le 16 septembre 2022
Yasmine Mohammed, auteur du livre Lever le voile ou comment les progressistes occidentaux favorisent l’islam radical, à la librairie le Mot de Tasse à Québec. Photo: Courtoisie

Yasmine Mohammed est née dans une famille musulmane intégriste à Vancouver. Dans Lever le voile, elle décrit sa vie de fillette mal-aimée astreinte dès son plus jeune âge à des exigences rigoristes et soumise à des sévices dont le récit glace le sang.

À six ans, pour ne pas avoir récité une prière mot à mot, elle est attachée sur son lit et fouettée sur la plante des pieds jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus marcher normalement. C’est son beau-père, avec l’entière complicité de sa mère, qui lui inflige ces mauvais traitements.

Témoignage

La fillette, tout comme son frère et sa sœur, doit se lever chaque jour avant l’aube pour réciter la première prière du jour. Elle subit un endoctrinement quotidien (le mot est d’elle), dont la haine des Juifs est un des piliers. On lui défend de fréquenter les kouffars – les non-musulmans – interdiction qu’elle s’empresse d’enfreindre en se faisant des amies chrétiennes à l’école. Dès l’âge de neuf ans, sa mère la force à porter le hijab, ce foulard que Yasmine déteste, dans l’espoir qu’il l’isolera de ses camarades chrétiennes. Ce ne sera pas le cas, et Yasmine nouera des amitiés qui lui feront voir que toutes les filles ne sont pas traitées comme elle dans leur famille.

Un jour, son professeur de 8e année remarque les marques de coups qu’elle porte et en informe les services sociaux. D’une force de caractère exceptionnelle, la jeune fille décide de porter plainte contre ses parents, espérant qu’on la retirera de son milieu familial violent. Devant le juge, Yasmine décrit la cruauté, les coups et les abus sexuels dont elle est victime de la part de son beau-père. Mais après avoir entendu son témoignage, le juge déclare que les châtiments corporels ne sont pas interdits au Canada, ajoutant que « dans votre culture, ils peuvent être plus sévères qu’au sein d’un ménage canadien moyen ». Il la renvoie chez ses parents, qui ne manqueront pas de lui faire payer très cher d’avoir porté plainte contre eux.

Yasmine se sent horriblement trahie. Anéantie par ce jugement scandaleux, elle perd pour longtemps tout espoir de s’en sortir. Quant à 19 ans sa famille lui imposera de porter le niqab – le voile intégral – elle se soumettra sans résister. Revêtue d’une longue robe noire et d’un voile cachant même ses yeux, elle se sent dépérir : « J’avais l’impression d’être emprisonnée dans un sarcophage et d’y mourir d’une lente asphyxie. » Elle ne résiste pas non plus quand sa mère, pour la « casser », choisit pour elle un mari brutal qui s’avérera par la suite être un djihadiste et avec lequel elle aura une fille.

Remise en question du relativisme culturel

Devenue adulte et libérée de son mari toujours incarcéré en Égypte, Yasmine Mohammed a décidé de raconter son histoire pour dénoncer le relativisme culturel et le système de « deux poids, deux mesures » qui sévit au Canada. Le juge l’a abandonnée à la furie de parents dénaturés parce qu’ils appartenaient à une autre culture. C’est cette pseudo-tolérance qu’elle dénonce et qualifie de profondément raciste. « L’intolérance et le racisme véritables résident dans le fait de ne pas avoir les mêmes attentes envers tous les citoyens d’un même pays, et ce, pour des considérations ethniques ». « Si j’avais eu des parents « blancs », on m’aurait protégée », dit-elle avec amertume. Yasmine Mohammed décrit avec beaucoup de courage la vie des enfants élevés dans des familles musulmanes intégristes, que ce soit au Canada, dans d’autres pays occidentaux ou dans des pays à majorité musulmane. Comme elle a renié l’islam et qu’elle critique cette religion, elle reçoit régulièrement des menaces de mort, menaces qui se sont multipliées depuis l’attentat contre Salman Rushdie.

En revanche, depuis la parution de son livre en anglais, elle a reçu d’innombrables témoignages de jeunes du monde entier qui vivent encore dans de tels milieux et se reconnaissent dans son récit. Ces messages d’adolescentes et d’homosexuels musulmans l’ont tellement émue qu’elle a décidé de fonder un organisme pour leur venir en aide, Free Hearts, Free Minds. Free Hearts – ou cœurs libres – pour soutenir les homosexuels persécutés dans les milieux musulmans et Free Minds – ou esprits libres – parce qu’elle souhaite que toute personne soit libre de penser ce qu’elle veut.

Lancement du livre cet automne

La version française de son livre, intitulée Lever le voile ou comment les progressistes occidentaux favorisent l’islam radical, paraîtra sous peu chez Jet Bleu Éditrice. Yasmine Mohammed fait une tournée de pré-lancement au Québec en septembre, avec des arrêts prévus à Montréal, à Québec et à Sherbrooke. D’autres activités auront lieu lors du lancement officiel prévu en novembre.

Commentaires

  1. Si vous venez à Québec, j’aimerais connaître l’endroit si vous faite une conférence. Quel courage vous avez pour affirmer haut et fort cette dure réalité.
    Je vous admire pour votre prise de parole!

  2. Bravo, quel courage! Merci de nous éclairer sur vos réalités. Les juges doivent comprendre que ce n’est pas qu’une différence de culture mais de la cruauté et que ce n’est pas acceptable!
    Bonne chance pour la suite et bon courage!

  3. Bonjour,
    il faudrait contactée l’intéressée pour avoir confirmation « officielle », mais ayant écouté ses interviews, la première phrase de votre article me semble fausse.
    De ce qu’elle a expliqué dans ses interviews, elle n’est absolument pas « née dans une famille intégriste ».
    En fait elle est née dans une famille très peu religieuse, au contraire. Puis quand elle avait deux ans, ses parents ont divorcé, elle n’a presque plus vu son père depuis, et sa mère s’est ensuite remariée avec un islamiste radical.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité