Les semis du Racoin

Par Andréann Poirier
Publié le 8 juin 2022
Discussion au Racoin. Photo: Andréann Poirier

Samedi le 21 mai dernier avait lieu la deuxième édition de la vente annuelle de semis biologiques au Racoin. Malgré son titre, l’événement n’avait rien de commun à votre typique centre jardin. Bien davantage qu’une journée passée sous des chapiteaux à écouler des stocks d’inventaires, le collectif dynamique dirigé par Maude Deblois-Mawn avait rassemblé, sur leur charmant site lové en contrebas de la falaise sous la côte Sherbrooke, des jeunes des maisons de jeunes du quartier, dont la Canopée du Roi. En partenariat avec Action culture Saint-Sauveur, chacun et chacune, armé(e) de bombes de peintures, pouvait laisser libre cours à son expression en taguant des murs blancs installés pour l’occasion. Un autre atelier, destiné à leur apprendre à fabriquer des bombes de semis, ne manquait rien pour les intéresser au jardinage.

Au milieu des kiosques des différents producteurs et productrices de semis, de légumes, d’engrais bios ou encore de grillons – la protéine du futur considérée comme l’une des plus écologiques – ainsi que divers artisans et artisanes de la région, dont le collectif inspiré « Bestiaire des ruelles », présent sur place pour offrir leurs « poèmes sur le fly » aux gens, l’activité a connu un franc succès. La musique de l’artiste vagabonde folk-punk Margaret Tracteur a donné le ton à cette journée « grassroot».

L’objectif de ce collectif sans but lucratif est de s’impliquer, de faire communauté notamment pour améliorer les conditions de vie des résidents de ce quartier de la ville moins favorisé. La vente de ces fameux plants biologiques, qui ont d’ailleurs tous trouvé preneurs en à peine quelques heures, n’était qu’un prétexte pour rassembler, faire sortir les gens de leur sous-sol. C’est l’esprit du lieu, une sorte d’espace nouveau genre, un petit havre de nature planté en milieu urbain, aménagé et ouvert en 2019 dans la cour de voisins où règne l’entraide et la solidarité.

Si vous êtes intéressés par l’action de ce collectif, sachez qu’ils ont récemment mis en ligne une pétition concernant une maison à vendre tout près du Racoin. Située au 619 rue Durocher, elle est laissée au prix de 200 000 $, dans un état de délabrement tel qu’il est interdit au prochain acheteur de la rénover. Porte-parole et responsable du collectif de la rue Arago, Maude Deblois-Mawn défend les intérêts de son quartier avec cette pétition qui a pour but d’obtenir de l’appui pour que la Ville rachète le terrain et le transforme en espace communautaire.

Questionnée au sujet des « îlots de fraîcheur », elle n’a pas acquiescé, cherchant à se dissocier des causes propres au comité de citoyens Verdir Saint-Sauveur. Toutefois, son collectif militant indépendant ne manque pas de bonnes idées pour que la place soit reconvertie effectivement dans le sens du culturel et de l’environnement. Mais, pour l’instant, il s’agit de faire en sorte que la ville achète le terrain avant qu’un promoteur immobilier, intéressé par la spéculation, n’en fasse l’acquisition. Maude craint la perte d’espace de vie pour les plantes, les animaux et les gens du quartier qu’entraîne nécessairement cette gentrification.

 

 

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