Pourquoi une autre manif contre le racisme?

Par Nathalie Côté
Publié le 12 mars 2018

Il est légitime de se demander à quoi peut bien servir une autre manif contre le racisme dans ce Québec tel qu’on l’aime, ouvert et cool où il fait bon vivre !

On peut se demander à quoi ça sert, surtout quand on n’a jamais vécu de racisme. C’est peut-être pour cela que beaucoup de Québécois et de Québécoise ne se sentent pas concernés personnellement par cette question. Cependant, pour les communautés culturelles, il en va fort probablement tout autrement.

Organiser une marche contre le racisme de la part d’organisations, comme le Répac (Regroupement d’éducation populaire en action communautaire) et le Comité populaire Saint- Jean-Baptiste qui s’associent pour la deuxième année au festival de musique contre le racisme, est un geste de solidarité avec ceux et celles qui vivent toutes les formes d’exclusion. C’est une manière de dire : « Ici, on ne veut pas que cela arrive ! On ne veut plus que cela arrive ! »

Plus précisément, par cette marche, les organisateurs de la manif veulent intervenir sur la question du racisme systémique (en dénonçant l’annulation de la commission du même nom par le gouvernement Couillard). Ils veulent aussi combattre le racisme ordinaire. Selon Vania Wright-Larin du Répac, « les groupes communautaires ont un rôle à jouer en faisant des rapprochements avec les groupes de personnes immigrantes et avec les personnes racisées. »

On peut aussi considérer que cette marche contre le racisme sert à faire un contre-poids à tous les discours alarmistes et à ceux des groupuscules d’extrême-droite. En outre, dans le contexte mondial actuel avec la montée des partis ouvertement anti-immigration dans plusieurs pays européens et face aux politiques des républicains aux États-Unis, cet appel à dénoncer l’exclusion et l’intolérance a une portée qui dépasse les considérations locales.

On peut envisager cette manifestation contre le racisme, non pas comme une autre occasion de faire la morale à la population québécoise, ni d’accuser qui que ce soit, mais davantage comme une manière d’affirmer notre désir de vivre dans un Québec où domine la fraternité, le partage et la liberté.

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