Pétition contre les forages: pour sortir de l’ère du pétrole

Par Nathalie Côté
Publié le 7 décembre 2017
Rassemblement devant l’Assemblée nationale lors du dépôt de la pétition de plus de 30 000 noms contre les forages. Photo: Nathalie Côté

Une pétition de plus de 30 000 noms contre les forages a été déposée à l’Assemblée nationale le 5 décembre pour demander au gouvernement libéral d’abandonner l’exploration et l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste : « Nous demandons le retrait complet et l’abandon définitif des quatre projets de règlements sur les forages pétroliers et gaziers que le gouvernement du Québec vient d’annoncer. Nous exigeons de plus un plan de sortie rapide et complet de la filière pétrolière et gazière au Québec », mentionne la pétition.

Le Parti québécois et Québec solidaire ont déposé à l’Assemblée nationale la pétition initiée par le Front commun pour la transition énergétique composé de soixante groupes, dont la Fondation David Suzuki, d’Équiterre, de Greenpeace, du Regroupement vigilance hydrocarbure Québec, d’Eau Secours et de Nature Québec.

« Il y a zéro acceptabilité sociale autour des forages. Nous voulons le retrait pur et simple de la loi 106. Pas question de discuter de  »distance », on veut aller vers une véritable transition », souligne Anne- Céline Guyon, porte-parole du Front commun pour la transition énergétique.

Et la distance entre les lobbys et le gouvernement ?

Le projet de règlement, tel qu’il est actuellement, permettrait la fracturation dans les lacs. Les gens du Saguenay sont touchés par ce projet. Philippe Dumont, du groupe Boréalisation de Chicoutimi, ajoute : « Avec les règlements que tente de faire passer le gouvernement, les forages seraient permis même dans le Lac Saint-Jean. Cette pétition, a-t-il dit, est un non bien senti et catégorique. On a devant nous une industrie invasive », soulignait-il avec quelque cinquante personnes réunies devant l’Assemblée nationale lors du dépôt de la pétition.

Les groupes écologistes et citoyens dénoncent les règlements qui pourraient permettre l’exploitation de puits pétroliers ou gaziers, par fracturation horizontale et autres procédés permettant d’extraire le pétrole extrême à certaine distance des zones habitées. Il serait possible d’exploiter du pétrole à cent-cinquante mètres des maisons, à soixante mètres d’une aire protégée, à quarante mètres de la voie navigable du Saint-Laurent. Selon Philippe Dumais : « Là où il faut plutôt instaurer une distance, c’est entre le lobby des pétrolières et le gouvernement Couillard !

»

La pétition a été déposée en ce début du mois, parce que les consultations sur les règlements se terminent le 9 décembre. Ces règlements, controversés visent à encadrer le développement de la filière pétrolière et gazière au Québec. Ils permettront l’application de la loi 106 (adoptée sous bâillon au printemps dernier). Cette législation remplace l’ancienne loi sur les mines et ouvre grand la porte aux compagnies de pétrole, selon les groupes environnementaux.

Un tour de passe-passe des libéraux

« Pierre Moreau (ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles) refuse d’interdire la fracturation », dénonce Anne-Céline Guyon, rappelant du même souffle qu’il n’y a jamais eu de véritable moratoire sur l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent. Selon Anne- Céline Guyon : « On fait face à un tour de passe-passe. Le gouvernement de Couillard envoie le message à l’industrie : maintenant que vous avez votre « cadre » (la loi et les règlements), vous pouvez y aller ! »

« Les plus haut standards, c’est de dire non à la fracturation », rappelle-t-elle. « Comme l’ont fait l’Île du prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick. En fait, au moment où il faut se retirer des énergies fossiles, le Québec, qui n’a jamais été là, veut développer cette industrie qu’on devra de toutes façons fermer ! »

Alice Anne Simard, porte-parole d’Eau Secours, a rappelé que la rivière Kalamazoo au Michigan est toujours contaminée à la suite de fuites des puits de gaz de schiste. Comme elle l’a affirmé : « Voir flamber notre eau du robinet, ce n’est pas un projet de société très inspirant ! »

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