Centre Durocher: une histoire d’attachement

Publié le 16 octobre 2014
Centre Durocher Photo: Marc Boutin
Centre Durocher                                                                                                                                                                  Photo: Marc Boutin

Par Lynda Forgues

En juin dernier, l’assemblée générale annuelle du comité des citoyennes et citoyens du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS) demandait à l’unanimité l’organisation d’une assemblée publique sur la question du Centre Durocher.

Cette conscientisation sourdait après huit mois de travail intense de la part de deux citoyennes au sein du Comité de sauvegarde du Centre Durocher, un petit groupe sans aucun moyen, mais avec beaucoup de cœur et l’énergie du désespoir.

L’AG faisait remarquer que les premiers concernés, les gens du quartier, n’avaient été ni consultés, ni informés sur la cession et la transformation du Centre Durocher, pas plus que sur le projet de démolition.

Assemblée publique

Cette assemblée publique s’est tenue le 24 septembre, un véritable exercice de démocratie participative, au cœur de la mission même du CCCQSS, et rassembla une quarantaine de personnes. Au début, deux administrateurs du futur projet Habitations Durocher, aussi ex-membres du CA du Centre Durocher, se sont présentés, mais lorsqu’ils ont appris qu’ils n’auraient pas plus de droit de parole que les autres citoyen-nes présents, ils sont repartis. Il n’y avait là aucun membre du Conseil de quartier de la Ville non plus.

Les initiatrices du Comité de sauvegarde étaient là. D’abord furieuses de voir que le CCCQSS avait invité Chantal Gilbert à venir vendre sa salade pro démolition à cette assemblée, elles ont finalement participé, la conseillère d’Équipe Labeaume ne s’étant judicieusement pas présentée.

Ce qui est d’abord ressorti le plus de cette soirée c’est la grande pénurie d’informations. Pour pallier ce manque, tel que demandé par l’assemblée générale de juin, un document explicatif, avec un historique complet, était fourni aux personnes, qui ont toutes montré un immense attachement envers le centre communautaire voué à la démolition. Nous pouvions aussi nous rendre compte que des idées et des solutions, ça ne manquait pas dans le quartier, pour peu qu’on veuille les entendre et les prendre en note. Des gens du quartier se sont étonnés que le Comité de sauvegarde et le CCCQSS ne « semblent pas ramer ensemble ». Finalement, les gens furent invités à devenir membres du Comité des citoyennes et citoyens du quartier Saint-Sauveur, et à se présenter à l’assemblée générale d’orientation (AGO) la semaine suivante, le 30 septembre.

Assemblée d’orientation

La salle du 301 rue Carillon était pleine à craquer; on manqua même de documents pour quelques personnes. Quatre ateliers étaient prévus dont un sur les services de proximité. Les gens étaient invités à proposer diverses résolutions devant orienter le travail du Comité pour 2014-2015, et compléter le Plan d’action. En plus de la proposition pour sauver la clinique sans rendez-vous adoptée en plénière, une proposition sur le Centre Durocher fut débattue, amendée, puis adoptée à l’unanimité, et elle se lit comme suit : « Dans le cadre de notre lutte pour la préservation des services de proximité, que le Comité travaille à préserver la vocation publique et communautaire du Centre Durocher et idéalement, à la conservation du bâtiment. »

Maintenant, que faire ?

Comme l’assemblée a aussi adopté que le Comité réponde mieux aux besoins des personnes qui souhaitent s’impliquer dans l’organisme, est-ce que cela veut dire que les citoyennes et citoyens qui se présenteraient pour travailler bénévolement dans le dossier du Centre Durocher devraient être bien accueillis ? Si cela vous intéresse, gens du quartier, présentez-vous au 301 Carillon. Il faut se mobiliser, nous les gens du quartier, pour faire changer les choses. Sinon, que pouvons- nous attendre de la Ville envers nous ? Le conseil de quartier n’est plus ce qu’il était lors de sa création par un parti de rassemblement populaire, il faut le comprendre. Ces organes ne servent plus désormais qu’à servir la soupe municipale aux quelques citoyens présents et nous faire croire que la démocratie fonctionne efficacement.

De la démocratie, pas de la charité

Le maire Labeaume préfère emmener les gens d’affaires dans un tour guidé chez les pauvres, plutôt que de consulter la population sur ce qui la concerne. Nous ne voulons pas de charité mossieur le maire ! Nous voulons ce à quoi nous avons droit, nous exprimer sur notre avenir, que vous le vouliez ou non.

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