Avril – Les mauvais coups du mois

Publié le 10 mai 2014
Les arbres de parc Durocher se joignent au 2 000 signataires d’une pétition déposée à l’hôtel de ville pour s’opposer à la démolition du centre communautaire. PHOTO MARC BOUTIN
Les arbres de parc Durocher se joignent au 2 000 signataires d’une pétition déposée à l’hôtel de ville pour s’opposer à la démolition du centre communautaire.                                                PHOTO — Marc Boutin

Par Marc Boutin

Du « pas si nouveau que ça » à l’Îlot Irving

Présentation par GM Développement, le 8 avril dernier au Conseil de quartier Saint- Jean-Baptiste, d’un nouveau projet pour l’Îlot Irving. Moins « hors norme » que l’ancien qui avait neuf étages, le nouveau projet se rapproche du zonage permis avec cinq étages en façade, rue Saint-Jean, et six du côté de la rue Richelieu.

Difficile de s’opposer aux quelques dérogations qui découlent de ce nouveau projet, mais il reste, dans la forme proposée, beaucoup trop dense. Le problème, c’est que le zonage de ce terrain est laxiste, qu’il valide la spéculation plutôt que de prendre en compte les besoins du milieu.

Le zonage dans le Faubourg St-Jean devrait s’en tenir partout à un maximum de 4 étages avec, pour chaque lot, une cour arrière. C’est que la Ville ne joue pas son rôle quant à la spéculation : elle ne tient pas compte des citoyens pour déterminer les limites du développement; seule compte la capacité financière de promoteurs qui se moquent bien des règlements. Le résultat, c’est que la spéculation et le laissez-faire jouent le rôle de régulateur que devrait jouer le service d’urbanisme de la Ville. Ce service accorde avec parcimonie des permis aux petits propriétaires et ouvre les vannes aux spéculateurs.

Ce nouveau projet n’a pas sa place dans un quartier déjà très dense. Si la Ville de Québec avait, sur l’ensemble de son territoire, la même densité que le faubourg Saint- Jean, la population de la ville atteindrait huit millions d’habitants. Alors, s’il-vous-plait M. Labeaume, sacrez-nous patience avec vos « Europa, GM Développement et autres bébelles surdimensionnées » et allez densifier ailleurs. Ce dont le Faubourg a besoin, ce sont de petites places publiques et des espaces de verdure pour jouer, comme le parc Scott, ou pour se rencontrer, comme au parc Berthelot, et, en terme d’habitation, du locatif et du logement social. Voilà les éléments que la Ville et son service d’urbanisme, si ces organismes prenaient en compte les besoins du quartier, auraient pu planifier, du moins sur une partie de l’Îlot Irving et ce, avant toute intervention d’un promoteur. D’ailleurs, « prendre en compte les besoins des quartiers », n’est-ce pas justement ce pourquoi les élus reçoivent salaire ?

Dépôt d’une pétition par le comité de sauvegarde du Centre Durocher

Le Comité de sauvegarde, avec à sa tête Madame Lise Beaupré, s’est présenté au Conseil de Ville du 22 avril pour déposer une pétition de plus de deux mille signatures de personnes opposées à la démolition de ce centre communautaire situé au coeur de Saint-Sauveur.

La délégation, arrivée sur place vers 16 h pour signer le registre des questions, a dû se taper deux bonnes heures de pètage de bretelles de la part du maire Labeaume avant de pouvoir s’adresser aux élus. Le maire a vanté pendant au moins une heure sa gestion du projet de l’amphithéâtre avant de faire la liste de tous les arbres que la Ville a planté à Québec en réponse à une critique de l’opposition, à savoir que la Ville n’avait pas souligné avec assez d’éclat « le jour de la terre ». « Y’en a qui parlent et qui se réunissent, nous on agit » a bravement lancé le Maire. Les culottes du maire ne tenaient presque plus lorsque Madame Beaupré a enfin pu déposer sa pétition. En réaction, le maire a lancé : « La Ville n’a pas à se mêler des affaires du centre Durocher, c’est un organisme privé qui peut faire ce qu’il veut ». Madame Line Plamondon, qui suivait au micro, a rappelé au maire qu’il venait de passer plusieurs semaines à se mêler, au frais des contribuables, des affaires de l’hôtel le Concorde sur la Grande-Allée. Le Concorde est-il une entreprise privée ? Les affaires de la Grande-Allée ont-elles plus de poids pour vous que les affaires du quartier Saint-Sauveur ? « Je suis indignée monsieur le Maire » a-t-elle ajouté. Sur ce, plutôt que de répondre, le maire a réagi : Madame Plamondon pouvait rester indignée, lui allait continuer à s’occuper des questions importantes pour la Ville. Madame a alors pris la « sage » décision de ne plus remettre les pieds au Conseil de Ville.

Nous avons aussi appris que madame Geneviève Hamelin, aujourd’hui présidente d’assemblée du Conseil, et auparavant conseillère du quartier Saint-Sauveur, a travaillé le dossier du Centre Durocher de 2009 à 2013. Ce qui surprend, c’est que pendant ces cinq années de tractations, les citoyens du quartier n’ont appris qu’en juin 2013 que des activités du Centre Durocher allaient être déplacées vers le Centre Mgr Bouffard et, à l’élection de l’automne 2013, que le Centre Durocher était condamné par la Ville. Pour une question aussi importante, ne fallait-il pas alerter la population du quartier avant toute prise de décision?

On repassera pour la transparence, le partage de l’information avec le public et la démocratie participative, des responsabilités qui font partie du mandat d’un élu municipal et pour lesquelles, justement, il reçoit salaire.

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