Gouvernance : la saine gestion totalitaire

Publié le 21 juin 2013

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Dans les années 1980, les technocrates de Margaret Thatcher ont habillé du joli nom de « gouvernance » le projet d’adapter l’État aux intérêts et à la culture de l’entreprise privée.  Ce coup d’État conceptuel va travestir avec succès la sauvagerie néo­libérale en modèle de « saine gestion ».  Nous en ferons collecti­vement les frais : dérèglementation de l’économie, privatisation des services publics, clientélisation du citoyen, mise au pas des syndicats… ce sera désormais cela gouverner.

Appliquée sur un mode gestionnaire ou commercial par des groupes sociaux représentant des intérêts divers, la ­gouvernance prétend à un art de la gestion pour elle-même.  Entrée dans les mœurs, évoquée aujourd’hui à toute occasion et de tous bords de l’échiquier politique, sa plasticité opportune tend à remplacer les vieux vocables de la politique.

En 50 courtes prémisses, Alain Deneault montre la logique de cette colonisation de tous les champs de la société par la gouvernance. Car cette « révolution anesthésiante » doit être bien comprise : elle parti­cipe discrètement à l’instauration de l’ère du management ­totalitaire.

Alain Deneault, docteur en philosophie de l’Université Paris-VIII, enseigne la «pensée critique» en science politique à l’Université de Montréal. Il est notamment l’auteur de Noir Canada (Écosociété 2008) ; Offshore (Écosociété / La Fabrique 2010) et Paradis sous terre (Écosociété / Rue de l’Échiquier 2012).

Auteur : Alain Deneault (Lux Éditeur, 2013, 200 pages)

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