Projet humaniti et la consultation publique: plus sa change, plus c’est pareil?

Par Nicole Moreau
Publié le 6 novembre 2022
Soirée de consultation sur le projet du Phare en 2018. Photo: Archives DDP

Le projet Humaniti doit, en principe, se développer sur un terrain à la tête des ponts. C’est en fait, sur le terrain où devait se concrétiser le projet Le Phare, un projet pour lequel un décret autorisant un édifice de 65 étages, venant en contradiction avec le Programme particulier d’urbanisme (PPU) qui spécifiait plutôt une norme de 29 étages.

Selon un article de Gérald Corbeil paru sur le site Québec urbain, le 2 avril 2022, monsieur Marchand énonçait, en campagne électorale à l’automne 2021, que le changement de zonage de ce site avait été une «erreur ». L’équipe Marchand n’était pas aussi ferme au printemps 2022.

Des citoyens et les citoyennes du quartier, préoccupés par l’impact de ce projet sur leur milieu de vie, se sont constitué en collectif, nommé Aménagement humain (CAH), et ont demandé à rencontrer monsieur Marchand en mai. La réponse reçue en septembre était à l’effet que la Ville travaillait avec le promoteur.

D’après monsieur Corbeil, il est question pour le projet Humaniti de tours variant entre 40 et 53 étages, pour deux des quatre tours, les deux autres devant avoir 31 étages, tout ça serait «en collision directe avec le discours de campagne du maire Marchand», monsieur Marchand souhaitant que le PPU soit respecté.

Pour bien des gros projets de développement immobilier, comme celui de Humaniti, les citoyens souhaiteraient être associés en amont à l’élaboration du projet. Ce ne semble pas le cas pour Humaniti. C’est dire que comme dans le cas du Phare, les citoyens pourraient être mis devant le fait accompli. Est-ce que les dés sont déjà jetés? On peut le craindre, le promoteur travaille sur le projet depuis plusieurs mois déjà.

Comme dans le cas du Phare, il serait pertinent de se poser bien des questions sur les coûts inhérents à la nécessaire transformation des services d’utilité publique (égouts, aqueduc) mais aussi des rues, puisque plusieurs milliers de personnes pourraient être amenées à travailler ou résider dans ces tours. Qu’en serait-il du transport en commun tant pour les résidents que pour les travailleurs ou ceux qui pourraient louer une chambre d’hôtel?

Enfin, ne pourrait-on penser que ce projet, s’il était concrétisé, ne représenterait pas une forme de ghetto au sein de la Ville, un ghetto permettant à des personnes riches de vivre, de travailler, de se divertir, sans avoir à côtoyer la réalité des citoyens de Québec, un projet qui modifiera profondément le visage de notre ville?

Espérons qu’il y aura consultation des citoyens sur ce projet. Rappelons toutefois qu’une consultation suppose par essence que la décision prise à terme pourrait permettre d’intégrer une partie, à tout le moins, de ce qui aura été proposé. Si ce n’était pas le cas, est-ce que ce serait réellement une consultation? Est-ce nécessaire d’insister sur le fait que la ville existe parce que des citoyens ont décidé d’y vivre, qu’ils représentent l’élément essentiel de la municipalité, que leur parole doit compter et que la Ville devrait se donner des moyens pour qu’elle soit respectée.

J’espère que les citoyens du quartier n’auront pas à souligner leurs réserves sur la consultation, au terme du processus comme je l’ai fait pour le projet Le Phare dans un texte publié par Le Devoir en novembre 2018 et intitulé «Le Phare: à quoi bon consulter? ». J’ajoute qu’un tel projet immobilier ne semble pas tenir compte des impacts du télétravail sur la réalité des immeubles à bureaux dont beaucoup semblent, à l’heure actuelle, avoir des espaces vides. L

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