Rituels poéticopolitiques dans les escaliers de Québec

Par Nathalie Côté
Publié le 28 septembre 2020
Mathieu Parent lors d’une performance à Montréal en septembre 2020. Photo: Henri Rabalais

Après une série de performances dans différentes villes réalisées depuis le début de septembre à Montréal et à Rimouski, Mathieu Parent sera à Québec pour commémorer le 50e anniversaire de la Crise d’Octobre avec «Pour une étreinte de soulèvements».

L’ensemble des actions rassemblées sous le beau titre : «Octobre n’est pas la fin d’une longue histoire d’amour» a été l’occasion de marches hyper-lentes ou encore d’une autre à reculons dans les rues de Montréal. Sorte de rituels poético-politiques qu’il a fait début septembre et qui se termineront à Québec le 31 octobre, où il montera et redescendra les vingt-deux escaliers de Québec de Joffre jusqu’à l’escalier du parc Cartier-Roberval. L’artiste invite d’ailleurs les gens à marcher avec lui.

Mathieu Parent à propos de ses performances: « Cinquante ans après la crise d’octobre où tout le Québec a été pris en otage par la Loi des mesures de guerre, l’État d’exception est en train de devenir normal (Agamben G. 2003). Il nous semble ainsi doublement pertinent d’entrer dans le paysage avec de tels actes performatifs».

Éternelle quête de liberté toujours à recommencer, pourrait-on dire de cette épreuve physique pour Mathieu Parent qui s’est entrainé une partie de l’été afin d’être en forme afin de réaliser son exploit. Mais il n’y a pas qu’un défi physique. À certains moments, des poèmes seront lus en guise d’éloge au soulèvement, des fleurs seront lancées : divers gestes poétiques ponctueront les montés et les descentes.

Cette action dans les escaliers de Québec a une valeur géographique et sociale, elle marque autant les liens physiques entre la Basse-Ville et la Haute-Ville que les différences historiques de classes sociales qui sont encore bien présentes aujourd’hui.

Cette action rappelle aussi que les préoccupations et les revendications des jeunes révolutionnaires du Front de libération du Québec (FLQ) étaient aussi liées à la libération des travailleurs et des travailleuses les plus exploités. Mathieu Parent décrit ainsi sa vision d’Octobre: « Je vois Octobre 70 comme un arbre aux couleurs de feu sous un ciel cassé. C’est effrayant, touffu et bouleversant. Cela nous dit beaucoup sur notre situation et histoire politique, ainsi que le monde dans lequel nous vivons. Notre intervention permet au public d’assister le déploiement de gestes concrets associant une forme symbolique à des défis sociaux, culturels et politiques qui traversent cette histoire, la nôtre. »

C’est le centre d’artistes Le Lieu, catalyseur de la performance à Québec, qui soutien l’artiste dans sa performance présentée à Québec, en partenariat avec votre journal Droit de parole qui invite la population à une Table-ronde où des personnes arrêtées en 1970 à Québec témoigneront de leurs expériences.

Table ronde de témoignages

Table ronde avec Solange Hudon, Serge Roy, Gilles simard avec Guy Sioui-Durand à l’animation. À 14 heures, dimanche 1er novembre (Lieu à  confirmer selon l’état de la pandémie).

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