Des rues où marcher dans tous les quartiers

Par Nathalie Côté
Publié le 16 avril 2020
La rue Père-Marquette à Québec est partagée entre piétons, vélos et autos. Photo: Marc Boutin

Une coalition demande à la Ville de Québec de mettre en place des mesures pour favoriser les déplacements à pied et à vélo en fermant certaines rues à la circulation automobile ou en favorisant le partage.

Après sa première sortie médiatique le 27 mars, la coalition a lancé une pétition pour que la Ville de Québec prévoie le coup en prévision des beaux jours.

Composée notamment des groupes Accès transports viables, de la Table vélo des conseils de quartier et du projet Ça marche Doc!, la coalition demande à la Ville de Québec de mettre en place des mesures permettant aux citoyens de respecter les recommandations de distanciation sociale de deux mètres. Des lieux pour marcher permettront de favoriser la distance physique exigée par le Gouvernement du Québec pendant la pandémie de COVID-19.

Selon ces organisations, « il est primordial de mettre en place des mesures qui permettront d’offrir aux citoyens et citoyennes de Québec de nouveaux espaces pour marcher et faire du vélo en toute sécurité. »

Selon Johanne Elsener, coordonnatrice du projet ça marche doc!, « les bienfaits des transports actifs ne sont plus à démontrer. La marche est excellente pour la santé mentale. Dans le contexte actuel, c’est le meilleur médicament qui soit. Or, il est difficile de marcher, dans certains secteurs de la ville, particulièrement les milieux les plus denses, sans croiser quelqu’un à moins de deux mètres (…) ».

Plusieurs villes le font déjà

Selon Étienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables, « plusieurs villes dans le monde, notamment Vancouver, Toronto et New York, ont commencé à mettre en place de telles mesures. L’idée est de créer des parcs temporaires là où il y en a peu, et donner accès, de manière sécuritaire, aux commerces essentiels et lieux d’emploi toujours en fonction. »

Il précise :« il y a différents modèles. La fermeture complète de la rue aux voitures ou la rue partagée avec une limite de vitesse à 20 km/h pour la circulation locale », Étienne Grandmont souligne que cela nécessite des barrières, des pancartes. Ce sont des installations temporaires à peu de frais.

La coalition et Accès transport viable n’ont pas défini quelles rues pourraient être transformées. Étienne Grandmont soutient qu’il faut identifier des rues où il est agréable de marcher, comme les rues commerciales ou des bords de rivières. Les rues piétonnes ou partagées devraient se retrouver dans chaque quartier de la ville. Il prend de Calgary, qui a donné à certaines rues une vocation entièrement piétonnière afin de favoriser la marche sécuritaire : « l’approche de la Ville de Calgary, c’est de dire « rester dans vos quartiers pour éviter les rassemblements. »Avec le beau temps qui s’en vient, les gens vont sortir dehors, et le nombre de joggeurs, de marcheurs et de cyclistes va augmenter. Il faut prévoir ce moment-là »

Jean Rousseau de Démocratie Québec appuie

Jean Rousseau, conseiller municipal du district du Vieux-Québec–Cap-Blanc, considère que cette initiative est réalisable : « Après Pâques, on commence à avoir le goût de sortir. La Ville a la possibilité de rendre certaines rues piétonnes. Il y a un momentum actuellement. Cela permettra d’éviter que des foules se retrouvent sur les Plaines ou sur les rues Cartier ou Saint-Joseph le beau temps venu. »

Il souligne qu’à Ottawa, certains jours, se sont 50 km de rues qui seront réservés aux cyclistes, aux patineurs et aux piétons. Il rappelle aussi qu’il est difficile de marcher sur certaines rues de Sainte-Foy où il n’y a pas de trottoir. Sans compter que dans les quartiers centraux, les trottoirs sont souvent très étroits.

On pense à la sue Saint-Vallier Ouest ou à plusieurs rues du quartier Saint-Roch. Jean Rousseau invite les citoyens à contacter leur conseiller municipal : « Le politique va se positionner favorablement. Cela ne coûte pas grand-chose. »

Un accès hâtif aux pistes cyclables

La coalition demande aussi que le vélo soit reconnu comme moyen de transport et que les pistes cyclables soient accessibles avant le 1er mai. Martial Van Neste, président de la Table vélo des conseils de quartier, soutient que « le vélo est et demeure un excellent moyen de transport et d’exercice physique avec lequel il est possible de maintenir l’éloignement social recommandé ». Il demande que l’accès aux pistes cyclables pour les vélos se fasse le plus tôt possible ce printemps.

Comment signer la pétition

Pétition en ligne : Favoriser les piétons et les cyclistes à Québec pour lutter contre la COVID-19

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