La consommation de masse a un coût

Par les AmiEs de la Terre
Publié le 17 septembre 2019

Le déluge social et écologique est déjà là. Non pas après nous, mais à côté de nous. Ce phénomène ne concerne pas que les générations futures, il affecte déjà les pays pauvres du Sud. Or, en raison de notre position privilégiée au sein des sociétés riches du Nord, nous le percevons à peine.

Bienvenue dans la société d’externalisation. Depuis l’origine de l’industrialisation capitaliste, la stratégie des pays riches du Nord a toujours consisté à faire porter le poids de leur développement à d’autres. Ainsi, en regard de la question environnementale, le problème n’est pas tant que nous vivons au-dessus de nos moyens, mais que nous vivons au-dessus des moyens des autres.

Si le concept des externalités n’est pas nouveau, Stephan Lessenich fait exploser ce cadre d’analyse et montre comment les changements climatiques et la crise des réfugiés rendent matériels et visibles la société d’externalisation et son prix, la société-monde n’ayant plus d’« en-dehors » pour se maintenir. Riche en exemples, À côté de nous le déluge ajoute donc aux théories de l’échange inégal et du rapport centre-périphérie une dimension écologique essentielle et un ancrage dans la vie quotidienne des citoyennes et citoyens du Nord à travers la consommation de masse.

En dévoilant au grand jour la violence structurelle de la société d’externalisation — nous n’externalisons pas par méchanceté individuelle mais parce que la pratique sociale le permet —, Stephan Lessenich provoque une prise de conscience nécessaire, premier pas vers une indispensable remise en question globale du capitalisme.

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