Adieu le SRB, vive le tramway!

Par Marc Boutin, géographe
Publié le 5 mai 2017
Il y a longtemps que la Ville de Québec tergiverse lorsqu’il est question de transport en commun. Ici, la une de Droit de parole en janvier 2004.

L’abandon du projet de service rapide par bus (SRB) peut s’avérer une bonne chose à condition qu’il soit remplacé par un projet de transport public mieux adapté à la géographie de l’agglomération de Québec. Des remises en question quant au tracé sont à l’ordre du jour, avant d’en arriver à un choix qui pourrait recueillir une large adhésion auprès du public.

La question des axes de haute densité versus les axes autoroutiers

Le projet de SRB de l’équipe Labeaume passait à Limoilou par le boulevard des Capucins et, dans le secteur Saint- Sacrement, par le prolongement (autoroute 540) du boulevard Charest, deux axes situés en périphérie de zones densément peuplées. Ces segments du tracé pourraient être remplacés par des artères situées au centre des axes de haute densité résidentielle, comme la 3e avenue et le boulevard René-Levesque.

Un tracé qui ne passe pas au centre des axes les plus denses, fera en sorte de maintenir sur ces axes un service de métrobus, ce qui s’avérera doublement couteux. Le tramway doit graduellement remplacer le service métrobus actuel et non s’ajouter à celui-ci.

Les axes autoroutiers sont monopolisés par l’automobile. Faire passer le tramway ou le SRB par un axe autoroutier fait de celui-ci une doublure du transport automobile plutôt qu’un système qui concurrence l’automobile.

La question de la longueur du tracé

Plus le tracé s’allonge, plus la fréquence de desserte sera réduite ou plus le coût du matériel roulant augmentera pour maintenir une grande fréquence. Sur un tracé qui s’allonge trop (si, par exemple, il dépasse 7 km du centre-ville, disons de la Place d’Youville), graduellement, au-delà de 7 km, le service devient une incitation à la dispersion et à l’étalement plutôt qu’au resserrement et à la densification.

La question de la Rive-Sud et du 5e lien

Pas question de réaliser un 5e lien entre la Rive-Sud et la Rive-Nord avant d’avoir amélioré les 3e et 4e liens déjà existants. La voie ferrée sur le pont de Québec (elle est sous-utilisée) devrait, par un train de banlieue, servir au transport passager entre le secteur ouest de Lévis (Charny/Saint-Rédempteur/Saint- Nicolas) et Québec. Pour le secteur est (de Beaumont à Saint-Romuald), on doit viser la gratuité sur les traversiers, tant pour les autos que pour les passagers, à moins qu’un péage soit instauré sur les ponts, ce qui semble peu probable. Il faut cesser de pénaliser un des liens par rapport aux autres : gratuité pour tous ou péage égal pour tous

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