La poésie s’exclame et se slame

Par Geneviève Lévesque
Publié le 31 mars 2017
André Marceau, organisateur des Slams de poésie à Québec, une présentation de SLAM cap et du Tremplin d’actualisation de poésie. Photo: Geneviève Lévesque

par Geneviève Lévesque

Le 28 mars dernier, dix slameurs – alors qu’un match en compte habituellement huit – ont livré le meilleur d’eux-mêmes à travers leurs textes et leurs performances au dernier Slam de poésie de la 11e saison régulière à Québec.

À la Maison de la Littérature, ce soir-là, il n’y avait pas que les slameurs à être nombreux. La salle était pleine à craquer. Slam’comble, aurait-on pu s’écrier. Plus de cent spectateurs ont assisté à la compétition amicale. Au point où le slammestre André Marceau a fait preuve d’humour à la fin de la soirée en invitant les gens à venir plus nombreux le mois prochain « pour qu’on puisse refuser encore plus de monde! »

André Marceau, organisateur du Slam de poésie depuis les débuts de la Ligue québécoise de slam en 2006, a animé ce match avec beaucoup d’humour et d’à-propos, comme à l’habitude. Les slameurs se sont également mis de la partie pour faire rire le public. De Marie-Lyne Tatlock qui avait été mise au défi par Mateüs de faire un slam sur « ses boules » à Laurent Lafrenière-Landry qui s’est rappelé avec bonhommie un rap d’avant ses trente ans, on en a entendu pas mal de vertes et de pas mûres.

Les mots en jeu et en slam

Un autre des tons dominants de la soirée a été celui de la confidence, avec la création d’atmosphères touchantes et intimes. Par exemple Thomas Langlois, ou du moins son personnage slamesque, avouant avec ferveur: « j’te collectionne dans tout c’que t’es, à ton insu / quand j’capture tous nos p’tits instants d’toi, à la seconde près / que j’les épingle à l’endos d’mes paupières / pis qu’au moment d’m’endormir, / secrètement / j’te révise ». L’amour, la sensualité, voire l’érotisme, ont d’ailleurs habité plusieurs textes.

Isabelle Saint-Loup a créé une atmosphère intensément prenante quant à elle avec un slam où revenait le leitmotiv « J’ai mis ta veste ». Toute une relation à l’autre, absent, s’est dépliée au fil de ces quelques simples mots.

Le militantisme a aussi eu sa place avec la voix envoûtante de Black Flower chantant « Femme, tu t’es oubliée, nous nous sommes oubliées, je me suis oubliée » et les textes clamant la révolte contre l’emprise du capitalisme de Félicia St-Arnault. Et, tout au long, les rythmes, les voix, les images poétiques, les mots parfois durs, parce que toute vérité n’est pas drôle à dire, ont caractérisé la verve propre de chaque slameur.

 

Le champion du match, Thomas Langlois, qui n’en était pas à sa première «première place», était suivi de près par L’eau Rend Roy en deuxième position et Gabriel Bélanger en troisième position. Ces deux slameurs commençaient ainsi leurs «carrières» de slameurs de manière foudroyante.

 

Après le dernier Slam de poésie de la saison régulière qui vient d’avoir lieu, il y a encore les deux demi-finales, les 18 avril et 16 mai prochains, puis la finale de la capitale, un événement à ne pas manquer pour tous les amateurs de slam et qui aura lieu le 20 juin. Au Grand Slam de Montréal, la finale provinciale, l’équipe de Québec s’est démarquée l’an dernier en remportant le titre d’équipe championne, avec un membre de l’équipe, Léo Coupal, comme champion du Québec.

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