CPE: C’est Pour nos Enfants

Publié le 20 septembre 2016
Rencontre de parents mobilisés pour les CPE, le samedi 10 septembre, au parc Durocher, lieu de rendez-vous toujours populaire
Rencontre de parents mobilisés pour les CPE, le samedi 10 septembre, au parc Durocher, lieu de rendez-vous toujours populaire. PHOTO – Marc Boutin

Par Geneviève Lévesque

Samedi dernier au parc Durocher, lieu significatif en termes de lutte populaire, un pique-nique a rassemblé une cinquantaine de familles sous le titre C’est Pour nos Enfants. Ce slogan, qui reprend l’acronyme CPE, illustre bien la volonté des militants : maintenir et consolider le réseau des Centres de la Petite Enfance qui profite aux enfants, c’est-à-dire à l’avenir de la société québécoise, depuis bientôt 20 ans.

Un nouveau groupe mobilisé

C’est le 20 avril, lors d’une assemblée citoyenne organisée par des parents du quartier Saint-Sauveur, que le groupe Parents mobilisés pour les CPE de la ville de Québec a vu le jour. Son objectif ? S’organiser pour défendre le réseau de services éducatifs à l’enfance grandement menacé par les compressions budgétaires actuelles.

Le groupe a immédiatement démontré son dynamisme. Il a mobilisé une cinquantaine de parents, d’enfants, d’éducatrices, de grands-parents et de citoyens et a marché dans les rues de Limoilou et de Saint- Roch le 1er mai, sous une bannière portant le slogan « Mon CPE, notre avenir ».

La suite n’a pas tardé : lors de la Semaine des services éducatifs en CPE et en milieu familial, du 29 mai au 4 juin, les Parents mobilisés pour les CPE se sont fait remarquer par l’efficacité de leurs actions. Radio- Canada a souligné leur rassemblement devant le CPE Pomme d’Api ainsi que leur visite au ministère de la Famille.

Pourquoi défendre les CPE ?

Pourquoi tenir aux Centres de la Petite Enfance ? Les CPE, qui sont des organismes à but non lucratif gérés avec les parents- utilisateurs, visent un seul objectif : le développement de l’enfant. Il s’agit véritablement d’une entreprise sociale qui appartient à la communauté. C’est toute la société qui en profite en donnant à la génération montante une éducation solide dès la petite enfance.

Un CPE est un outil de socialisation, d’intégration et de dépistage de troubles d’apprentissage. Ne dit-on pas que « tout se joue avant 6 ans » ? Les CPE offrent, à ce moment clé du développement de l’enfant, une éducation égalitaire et accessible — tant qu’on développe des places en nombre suffisant pour tous ceux et toutes celles qui souhaitent en profiter !

Pour assurer ce soutien au développement des enfants, une formation adéquate des éducatrices est nécessaire. Celles-ci, en tant que spécialistes de l’éducation à la petite enfance, sont démoralisées devant toutes ces compressions budgétaires, nous confiait l’une d’entre elles. Or, la politique d’austérité qui guide les décisions gouvernementales sabre dans les entreprises communautaires, dont les CPE.

L’austérité, une vieille affaire

L’austérité, l’État québécois y référait déjà dans les années 80 pour expliquer le peu de subventions directes qu’il accordait aux garderies populaires de l’époque. Contraignant une bonne part d’entre elles à fermer par manque de moyens, contraignant le reste à réduire la qualité de ses services, cette politique de l’État, maintenue avec énergie dès les débuts, n’a pas changé depuis. On ne peut que déplorer ses ravages qui atteignent une part très vulnérable de la population, soit les enfants.

Économiquement parlant, le système des CPE est pourtant un choix de société logique. Ses perspectives de rentabilité ont certainement été décisives lors de sa création en 1997. Que ce soit du point de vue des impôts que paient les femmes intégrant le marché du travail, de la diminution du nombre de familles monoparentales bénéficiant de l’aide sociale ou de la diminution de l’investissement en services de rééducation et d’autres suivis, le gouvernement profite de l’instauration du réseau des CPE.

Alors pourquoi couper dans ce réseau efficace et rentable ? Comme le formule Marie-Noëlle Béland, « le gouvernement actuel n’est pas logique, il est idéologique ». Elle est idéologique, cette volonté de privatisation qui sous-tend les coupures effectuées dans le réseau depuis 2004, 7 ans à peine après sa mise sur pied. Comme les CLSC, aussi à l’origine une initiative populaire, les CPE ont du fil à retordre avec cette tendance à démanteler les réseaux collectifs pour favoriser le développement de l’entreprise privée.

Une action en octobre

Le réseau québécois des CPE, qui a été pendant 7 ans le meilleur au monde, se trouve, moins de 20 ans après sa création, face à des coupures qui menacent sa survie. C’est pourquoi les Parents mobilisés pour les CPE ont décidé de lutter pour sa sauvegarde. Un rassemblement suivi d’une marche aura lieu le dimanche 16 octobre à 10h, au parvis de l’église Saint-Jean-Baptiste sous le thème « Superhéros à la rescousse des CPE! ». Pour plus d’information, visitez la page Facebook du groupe.

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