Centre Durocher: tant que l’édifice est en place, il est permis d’espérer.

Publié le 14 décembre 2015
Le 7 décembre, après le conseil municipal, des militantes contre la démolition du Centre Durocher ont décoré le sapin de Noël devant l'Hôtel de ville de cœurs clamant: oui à la maison de la culture et non à la démolition du Centre Durocher.
Le 7 décembre, après le conseil municipal, des militantes contre la démolition du Centre Durocher ont décoré le sapin de Noël devant l’Hôtel de ville de cœurs clamant: oui à la maison de la culture et non à la démolition du Centre Durocher. PHOTO – Courtoisie

Par Marc Boutin

Dur retour devant la page blanche après une semaine aux émotions contradictoires. Lundi soir, le 30 novembre, l’espoir est de mise : manifestation familiale devant le Centre Durocher — le vrai centre Durocher, le seul, celui du parc Durocher à côté de la rue Durocher et de la statue du Curé Durocher — un rassemblement de résidants et de résidantes qui ne manifestent pas souvent mais qui ont tenu à exprimer leur révolte à l’idée d’un détournement de fonction au cœur de leur milieu de vie.

Plusieurs sont venus le dire au micro: Saint- Sauveur a un cœur, et ce cœur c’est le parc Durocher qui, par sa proximité avec le Centre Durocher joue un rôle de place publique centrale pour tout le quartier. C’est conjointement que le parc, le Centre, le Comité des citoyens, la Maison des jeunes, etc. doivent exister pour conserver la vocation publique des lieux et c’est le Centre Durocher qui cimente cet esprit collectif.

Il est inexplicable, d’un point de vue urbanistique, qu’on veuille privatiser un tel espace car, quoiqu’en disent élus et experts, si on y construit du logement, le parc servira d’abord et avant tout à ceux et à celles qui vivraient là, dans ces 69 logements de l’îlot central du quartier, 69 logements dont la moitié serait du logement social. Car si cet édifice se construit, il faudrait au moins qu’il soit ouvert sur le parc. Le clôturer ? Quelle horreur !

Pourquoi ne pas placer ces résidences sur un des terrains vagues du quartier, sur le stationnement de l’autre côté de la rue par exemple, ou sur le terrain de l’église Saint-Joseph ? On sauverait ainsi 700 000 $, le prix de la démolition, et on conserverait le Centre Durocher. On se retrouve, avec cette démolition annoncée, devant l’option la plus dispendieuse, une bavure urbanistique flagrante comme Québec en a déjà trop connu. Avec ce 700 000 $, déjà, le Centre Durocher deviendrait un lieu de culture viable.

Pendant ce temps à l’Hôtel de ville

Lundi le 7 décembre, l’espoir se contracte: dans ses réponses aux citoyens, le maire crâne, comme à son habitude. Il aurait, a-t-il dit, tout essayé pour sauver le centre et rien n’a marché. Pas question qu’il revienne sur sa décision. Ce qu’il n’a pas dit, c’est que toutes ses démarches se sont déroulées derrière des portes closes et que lorsque les citoyens du quartier ont pris conscience de la menace qui pesait sur le Centre Durocher, c’était une fois les décisions arrêtées.

Ici, la démocratie municipale est encore une fois bafouée. Là où madame Gilbert manque à ses responsabilités en tant que conseillère, c’est dans son refus d’aller en débattre devant les citoyens. Ce n’est pas qu’elle se fout des gens du quartier, c’est qu’elle a peur de la vérité, peur de faire face aux plus de 2 000 signataires de la pétition de 2014 qui réclamait de conserver le Centre Durocher. Si on touche ne serait-ce qu’à une seule brique du Centre Durocher, Chantal Gilbert ne pourra pas ne pas démissionner de son poste de conseillère. D’abord, par respect pour la démocratie, mais aussi par politesse envers la population qui l’a élue et qui, elle le sait bien, s’oppose à cette démolition dans sa très grande majorité.  Il ne faut pas lâcher. Tant que l’édifice est en place, il est permis d’espérer.

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