Rencontre du Collectif «Refusons l'austérité»: un rassemblement prometteur

Publié le 14 février 2015

 

Le 12 février a été l'occasion de monter la solidarité des mouvements sociaux face aux libéraux. Au micro: Renée Dubeau de l'Association de défense des droits sociaux de Québec.
Le 12 février a été l’occasion de monter la solidarité des mouvements sociaux face aux libéraux. Au micro: Renée Dubeau de l’Association de défense des droits sociaux de Québec.

Par Pierre Mouterde

S’il y a bien une journée que l’on peut marquer d’une pierre blanche, c’est celle de ce jeudi 12 février 2015. Pour la première fois, plus de 1000 participants provenant de tous les secteurs du mouvement social du Québec (syndical, populaire, écologiste, féministe, étudiant, etc.) se donnaient rendez-vous à l’appel du collectif «Refusons l’austérité» pendant toute une journée au Palais des congrès de Québec. Et cela, non seulement pour faire ensemble le bilan des politiques d’austérité du gouvernement Couillard, mais encore pour préparer de nouvelles pistes d’actions. Joignant le geste à la parole, ils allaient d’ailleurs dans le grand froid de la fin de cette journée manifester devant le parlement.

Jusqu’à présent —et mise à part la grande manif du 29 novembre dernier— chacun y était allé de ses récriminations et dénonciations, à son tour et en ordre dispersé : dans la santé, dans l’éducation, au niveau des garderies, à propos de retraites, du soutien aux régions, mais sans que se dessine une voix commune et surtout une même stratégie de lutte.

À plusieurs tout devient possible

C’est là le nouveau, ce qui permet de ne pas complètement désespérer face à la stratégie du choc et de la démolition mise en œuvre par le gouvernement Couillard depuis plus de 8 mois. Voilà qu’on se met ensemble et qu’on se regroupe, qu’on se parle et s’écoute, voilà qu’on prend collectivement la mesure de l’ampleur de ces politiques d’austérité.

Et qu’on le fait avec sérieux, en faisant appel à l’expertise d’intellectuels chevronnés et ou engagés aux côtés du mouvement social (Philippe Hurteau (Iris), Rober Laplante (Irec)), et en donnant largement la parole à tous ceux et celles qui sur le terrain commencent déjà à expérimenter les effets de l’austérité.

Résultats : tout le monde présent a pu le constater, voilà que pendant quelques heures les découragements, cynismes et attentismes si présents dans le mouvement social, ont été balayés par un vent de révolte et de solidarité et par le sentiment revigorant, enthousiasmant, même, qu’à plusieurs tout devient possible.

Le printemps à venir

Sans doute, il reste bien du chemin à parcourir. Ne serait-ce que parce que cette unité reste bien fragile et parce que tout le monde n’a pas la même vision du sens de cette lutte à l’austérité, et surtout des réelles intentions du gouvernement Couillard. À l’instar, par exemple, de ceux qui imaginent que cette mobilisation contre l’austérité devrait pouvoir déboucher sur un nouveau dialogue social constructif avec le gouvernement !

Sans parler du fait qu’on n’a pu se mettre d’accord sur une action d’envergure qui aurait rassemblé tout le monde, par exemple à travers la préparation d’une grève sociale pour le printemps. Il n’en demeure pas moins qu’un premier élan a été donné, et qu’à la manière d’une simple boule de neige qui grossit et se transforme finalement en avalanche, il pourrait bien bousculer au Québec toute la donne sociale de ce printemps 2015.

Discours de clôture de Jacques Létourneau, président de la CSN

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