Biblioterre : deux essais de Serge Mongeau et de David Graeber

Publié le 10 mai 2014
Serge Mongeau, S'indigner, oui, mais agir Éditions Écosociété, 2014,
Serge Mongeau, S’indigner, oui, mais agir
Éditions Écosociété, 2014, 92 pages.

 S’indigner, oui, mais agir

Fidèle à ses idéaux, Serge Mongeau poursuit sa défense du bien commun dans ce nouvel opus qui peut être lu comme son « testament politique ». Fustigeant toujours les inégalités sociales, l’absence de véritable démocratie et l’indifférence face à la crise écologique, ce militant pose une question toute simple : pourquoi ne pas commencer dès maintenant à vivre en adéquation avec les valeurs que nous défendons ? Serge Mongeau nous invite donc à nous indigner, certes, mais aussi à agir. Pourquoi ne pas tenter d’échapper à ce système si habile à nous séduire au point de nous amener à contribuer – même involontairement – à son renforcement ? Face à l’urgence de la situation, tant sur le plan écologique que social et politique, il identifie huit propositions pour couper les amarres avec la société de consommation. Ainsi, le père de la simplicité volontaire au Québec affirme qu’il faut reprendre le contrôle de son alimentation, dire adieu à l’automobile et repenser notre civilisation sur un autre modèle que celui fondé sur les énergies fossiles. En parallèle, Serge Mongeau s’interroge sur la centralité trop souvent accordée au travail dans nos vies, alors que nous pourrions assurer à tous les êtres humains les moyens de vivre convenablement, en répartissant mieux le travail pour qu’il y en ait pour tout le monde ou en se dotant de l’allocation universelle. Il dénonce aussi le piège du crédit, l’un des piliers du système capitaliste pour permettre une poursuite incessante de la consommation. De même, il critique la télévision : en diffusant une seule et unique vision du monde, axée sur la surconsommation, le petit écran amène la population à une soumission volontaire. Selon Serge Mongeau, il faut sortir de cet individualisme auquel nous confine la société de consommation. Car ce n’est que grâce à la solidarité et à un réseau communautaire serré et imaginatif que nous pourrons survivre.

 

 

Comme si nous étions libres

David GraeberComme si nous étions déjà libres, Lux éditeur, 2014, 278 pa 
 

 

Comme si nous étions déjà libres

La servilité des élites politiques actuelles en font les laquais des plus riches et des plus puissants, de sorte que les mécanismes de nos systèmes dits démocratiques ne réussissent pas à résoudre ni même à endiguer les crises dans lesquelles nous enfonce le capitalisme. Comment, alors, adviendra le changement ? Dans cet essai, David Graeber guide le lecteur dans les rouages de la véritable démocratie pour déconstruire les idées reçues et réorienter de manière audacieuse notre compréhension de l’histoire politique. Chemin faisant, il cite des exemples qui pourraient servir de modèles pour une transformation du monde et qui ont d’ailleurs inspiré le mouvement des Indignados et Occupy Wall Street. Devant la concentration de la richesse et du pouvoir dans tous les pays occidentaux, et plus particulièrement aux États-Unis, Graeber soutient que seule une conception radicale de la démocratie – basée sur des principes d’égalité, de participation citoyenne massive et de recherche du consensus – peut nous permettre de jeter les bases de la société juste et équitable que nous souhaitons. Il s’agirait, pour y arriver, de faire comme si nous étions déjà libres. David Graeber est l’un des intellectuels les plus influents de sa génération dans le monde anglosaxon. Anthropologue, militant anarchiste, auteur et conférencier, il est professeur d’anthropologie à la London School of Economics. Il est à l’origine, avec un groupe de militants new-yorkais, du mouvement Occupy Wall Street et l’auteur du bestseller international La dette, 5 000 ans d’histoire.

 

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