
« La crise du logement cher », c’est l’expression qu’utilise Véronique Laflamme du FRAPRU pour décrire la situation actuelle. Parce qu’il ne s’agit pas tant d’une crise de la rareté de logements, comme de leurs coûts devenus inabordables pour la plupart des locataires. Pour faire face à cette crise du logement inédite, les groupes de défense des droits des locataires revendiquent tous en cœur : un contrôle des loyers sur le marché privé et davantage d’investissements dans le logement social. « On a des citoyens qui vivent une situation de détresse, parce que le marché est déchaîné » constate Nicolas Villamarin-Bonilla du Comité populaire Saint- Jean-Baptiste. Réunies au sein de la Coalition de Québec contre les hausses de loyers, les associations se mobilisent pour inviter les locataires à «refuser une hausse de loyer injustifiée ».
En conférence de presse le 26 janvier dernier, le FRAPRU, le RCLALQ et leurs membres ont dénoncé de concert les modifications apportées par le gouvernement de la CAQ à la méthode de calcul des hausses du TAL, nettement en faveur des propriétaires, leur permettant désormais de refiler l’entièreté des factures liées aux travaux aux locataires. « Une logique sans précédent » constatent-ils. « Qui est touché ? Ce sont les personnes sur l’aide sociale. Les plus touchés ont le moins de garanties d’avoir un logement, » constate Véronique Laflamme du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) : « Il faut un vrai contrôle des loyers. Il faut du vrai logement social et l’arrêt du financement public pour des logements trop chers. » soutient-elle.
Émile Boucher du Regroupement des comités logements et associations de locataires du Québec (RCLALQ), a rappelé que « le contrôle des loyers est la seule solution équitable sur le marché privé afin que les locataires obtiennent un juste prix. » Il dénonce du même souffle le problème d’accès au Tribunal administratif du logement (TAL) qui diminue partout au Québec, les heures d’ouverture des bureaux étant toujours plus réduites. Sans compter qu’un traitement de dossier pour une contestation de hausse peut prendre en moyenne plus d’un an pour un locataire, alors que le traitement des dossiers pour non-paiement de loyer est nettement plus rapide. Il a rappelé que « le Code civil et le TAL sont là pour faire appliquer les droits des locataires. »
lors que les hausses sont chaque année plus démesurées, le responsable solidaire en matière d’Habitation, Andrés Fontecilla demande au gouvernement de renforcer les protections des locataires et de mettre fin à l’impunité des propriétaires abusifs : « La moindre des choses pour le gouvernement est de serrer la vis aux propriétaires abusifs en rendant le taux du TAL obligatoire (il est de 3,1% cette année), en donnant au Tribunal les pleins pouvoirs pour imposer plus facilement des dommages punitifs à ceux qui ne respectent pas ce taux. »
Les histoires d’abus de propriétaires se multiplient partout au Québec. «Les spéculateurs travaillent ouvertement à contourner les lois québécoises et à affaiblir les droits des locataires. il est temps que ça cesse,» soutient le député. « Les ménages québécois sont de plus en plus pris à la gorge. L’an dernier un locataire sur cinq avait du mal à payer son loyer, alors que des propriétaires voyous s’enrichissent de plus en plus sur le dos de leur détresse. C’est d’ailleurs pour faire face à cette situation que Québec solidaire a proposé de mettre en place un gel des loyers à l’inflation. »