Une Saint-Jean de la honte!

Par Gilles Simard, citoyen de Québec
Publié le 25 juin 2020
Manif pendant le G7 à Québec. Archives DDP.

Aucune nation au monde ne célèbre sa « Fête nationale » sans son drapeau ! Aucune ! Même les anarchistes ont le leur! Oserait-on seulement imaginer une fête de la Ste-Pat’s sans le drapeau des Irlandais-es ? Pourrait-on imaginer leur légendaire défilé sans la couleur verte et le fameux trèfle qui l’accompagne ? Oserait-on, en France, célébrer un 14 juillet sans le drapeau tricolore ou la trépidante Marseillaise ? Bien sûr que non. Ce serait tout de suite l’émeute !

S’agissant du spectacle du 23 juin, qu’est-ce donc que cette pseudo-erreur venant d’une organisation broche-à-foin qui tenait elle-même son mandat du Mouvement National des Québécois-es, lequel a aussitôt reconnu la bourde ? Après la mairesse Plante qui célèbre Montréal sans parler de Maisonneuve ou de Jeanne Mance et qui  » oublie » de parler en français durant une conférence, on a maintenant droit à une Fête nationale des Québécois-es sans leur drapeau ? On « désâme » le Québec au profit de la rectitude politique ? On déshabille le collectif pour en habiller le particulier ? C’est ça la nouvelle tendance inclusive pour ne pas froisser les perpétuellement offensés-es des courants sociaux intersectionnels ? Misère !

Parlant du spectacle national télévisé, et même si les prestations de la plupart des artistes furent appréciées, la mise en scène soignée et léchée – au point d’être aseptisée – il reste que pour cette St-Jean-de-la-pandémie, j’aurai le souvenir d’un inénarrable gâchis ! Un bide culturel, doublé des simagrées politiques de certains artistes qui ont profité de l’occasion pour exhiber sans vergogne leur gêne et leur mépris pour des valeurs québécoises fondamentales telles la laïcité (Bilodeau, Lapointe, etc.).

Enfin, tout ce hachis socio-culturel servi froid durant une pandémie qui nous a beaucoup étrillés, épuisés même, est d’une profonde insipidité et d’une grande tristesse. Une occasion ratée! On aurait espéré beaucoup mieux comme message porteur d’humanité, susceptible d’alimenter notre légitime fierté.

Je me souviendrai ! Honte !

 

Commentaires

  1. Je voudrais compléter mon texte écrit à la va-vite (ah! les réseaux sociaux!) avec celui-ci de Robert Duchesne, qui porte beaucoup plus sur la soirée comme telle, et qui résume tellement bien ma pensée…:)

    UNE FÊTE NATIONALE EN DÉNI DE SA NATION!

     » Plus le spectacle avançait, plus je me sentais le cœur fade. Dès le premier quart d’heure, il était évident que les organisateurs avaient récupéré la Saint-Jean pour en faire la fête du multiculturalisme, nettoyée, vidée, essorée, de toute mention nationaliste, comme si pour être inclusif il fallait se nier soi-même. Un peu plus et l’on voyait apparaître sur l’écran le sourire en coin de tit-Justin sur fond de feuille d’érable.
    On voudrait nous faire accroire que l’absence de notre drapeau national ne fut qu’une erreur de casting, comme si l’on avait tout bonnement oublié d’inviter à la fête la grande jubilaire de la soirée, la Nation. On nous prend vraiment pour des valises! Entre un p’tit morveux arborant le déni même de la société québécoise, une vomissure en forme de macaron à la face de la majorité des Québécois-es francophones qui appuient la Loi sur la laïcité, et un rappel que l’amphithéâtre serait situé sur un « territoire autochtone non cédé », comme s’il fallait s’excuser d’y vivre, voire même d’y donner un spectacle, en réécrivant le passé et en balayant l’Histoire à défaut de pouvoir la refaire!
    J’en viens à me demander si Pellerin, Séguin, Dufresne et Piché étaient conscients de l’arnaque culturelle dans laquelle ils étaient embarqués! Piché, qui n’aurait pas accepté que l’on modifiât le texte de sa chanson « Où sont-elles » avec son « T’as les boules basses ma belle », sous prétexte de ne pas froisser les oreilles prudes, comme on a aseptisé le « tabarnak » de Plume, comme si ce juron était indigne de figurer au patrimoine linguistique du Québec.
    Ma consolation est que Vigneault n’ait pas été de la fête, alors qu’on a osé intégrer brièvement la voix en trémolo d’outre-tombe de Félix. Imagine un peu : sur un rythme rock bien frappé, le gars hurle cette parole d’enfants : « Nous sortirons pieds nus en silence », en cachette de nos parents, à croire que les paroles du poème font moins de sens que les accords tonitruants.
    Et Lapointe qui « trouve ça étrange de coanimer la fête nationale », puisqu’il a « des amis anglos, juifs, musulmans, gais, hétéros, trans » et qu’il a « encore envie de Toronto et de Vancouver »,
    comme si le fait d’être nationaliste pouvait empêcher de telles amitiés et de mettre le pied au Canada anglais! Personne ne t’oblige à la coanimer, notre Fête nationale, si tu es trop pleutre pour l’assumer, welcome to Toronto my dear! « 

  2. La pire expérience d’un spectacle de la Fête nationale des Québécois (mais elle fut de courte durée) c’était il y a deux ou trois ans sur les plaines alors que l’ouverture s’est faite avec Lisa Leblanc ( Acadienne du N.B.) qui m’a écoeuré avec sa chanson « Ma vie c’est de la marde  » Imaginez ! fêter une nation et un peuple avec cette chanson en ouverture. Incroyable ! Et la gang de zigotos qui criaient et hurlaient de joie. J’ai quitté immédiatement les lieux. Depuis, cette manifestation m’indiffère totalement. À un point tel que mercredi je ne me souvenais même pas qu’il y avait un spectacle sur les ondes. Et je me suis bien gardé de visionner la reprise le lendemain. Je crois que j’ai bien fait car à entendre certains commentaires, à la vue de certaines inepties j’aurais demander l’aide médicale à mourir.

  3. Cela m’a interpellé de voir que la seule présence de notre drapeau national lors du spectacle d’hier était sur le couvre-bouche des danseuses.
    C’est très questionnant.
    À vouloir tout inclure il n’est pas nécessaire de se diluer jusqu’à s’effacer!

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