Droit devant avec le Parti Québécois !

Par Gilles Simard
Publié le 22 septembre 2026

 

Sur le boulevard Charest. Photo: ML

Un peu avant que les sondages du jour et les promesses électorales ne se mettent à éclater comme du pop-corn sous la cloche médiatique et virtuelle du Québec, Roger, un voisin de Taschereau et un vieil ami « progressiste », m’interpellait comme suit sur Messenger…

— Ouais, mais moi Gilles, dans notre comté, comment veux-tu que je vote aut’chose que Grandmont de chez QS ?!

— Et pis moi, Roger ?!… À l’heure où nous sommes menacés comme jamais devenir les « Cajuns de l’an deux mille » (chanson de Steeve Faulkner), comment veux-tu que je vote autrement que Savard, du Parti Québécois ? Au moment où la langue, l’histoire, la laïcité, l’identité culturelle et l’autonomie québécoise sont mises à mal par le Canada anglais, la Cour Suprême, les Gafam, la folie de Trump et aussi le déconstructionnisme sous toutes ses formes, qu’est-ce que j’en ai à cirer de QS et de son programme soi-disant inclusif à tous berzingues ? Et aussi des trois autres partis fédéralistes avoués ou pas ?

À l’heure où le logement est de plus en plus inaccessible et les services réduits pour tout le monde (y compris pour ton père et tes petits-enfants), comment veux-tu que j’applaudisse quand QS parle d’augmenter les seuils d’immigration à 75 000 par année alors que les autres partis (sauf le PLQ) parlent plutôt de les baisser pour souffler un moment ?

— Rien n’empêche… Étienne, c’t’un maudit bon jack …

— Oui, oui, ça on sait. Un bon député, un gars de terrain, nul ne le conteste. Mais même s’il n’a pas eu quatre ans de visibilité, Savard lui est tout aussi bon et moi, je veux élire quelqu’un qui soit dans le parti au pouvoir, avec le meilleur score possible, pour que la région en profite, et pour qu’on ne se fasse pas jouer le même tour que Pauline Marois, après l’élection de son gouvernement minoritaire, en 2012. Pour qu’on puisse enfin le tenir, ce fameux référendum sur la question nationale. Pour qu’on ait au moins une chance de se donner un pays, nous les boomers, et les plus jeunes aussi.

—Oui mais, nous autres aussi, à QS, on veut un Québec indépendant. Sauf qu’on propose de le faire de façon plus démocratique, à l’issue d’une vraie constituante…

— L’indépendance chez QS ? Tu veux rire Roger? Avec au moins 56 % de ses électeurs qui diraient non en partant et seulement 33 % qui diraient oui ?! (Léger 2024) … Ah! La pensée magique ! « Que c’est beau la vie ! » (Air connu).

Des enjeux de taille dans la Capitale-Nationale

Voilà! Nous en sommes restés là, moi et mon vieil ami Roger. Aussi têtes de bois l’un que l’autre, mais bien conscients que cette prochaine élection serait primordiale non seulement pour la région, mais aussi pour l’avenir du Québec en entier.

Partant, dans la grande région de Québec et sur la Rive-Sud où le PCQ pourrait (hélas) fortement surprendre et la CAQ de Fréchette peut-être réussir à mêler quelques cartes, ce ne sont pas les enjeux qui manquent. Le tramway d’abord, qui rallie tous les partis (à quelques nuances près), sauf bien sûr le PCQ d’Éric Duhaime qui dit non, une position qui lui profite parce qu’elle ravit tous les anti-tramways de l’agglomération, plus Stéphane Lachance, le conseiller de l’opposition municipale à Québec. Ensuite, comme enjeux factuels (comment y échapper?) il y a le troisième lien, qui reçoit (chacun avec leurs variantes) l’aval de tous les partis sauf QS et enfin, le projet de TGV Québec-Toronto auquel trois partis disent oui (moyennant conditions) sauf le PQ et le PCQ qui lui opposent un non ferme.

Dans la foulée, la qualité de l’air dans Limoilou continue d’inquiéter très fortement et le projet QSL du Port de Québec aussi… Seuls s’y opposent QS qui exprime un non ferme et le PQ qui exige un examen du BAPE.

Itinérance, logement, immigration, services

Reste que dans la grande région de Québec les besoins en matière d’itinérance, de santé et de logements sont criants et que mis à part QS et le PQ qui proposent d’aller aux causes, aucun des trois autres partis n’arrive avec des solutions probantes et globales. Autrement, considérant le fait qu’avec l’arrivée dans la Capitale-Nationale depuis 2022 de quelque 10 000 nouveaux immigrants (sans compter les temporaires et les demandeurs d’asile), les garderies, les classes de francisation, les écoles (100 % d’augmentation) et autres services publics sont mis à rude épreuve, est-il besoin de rappeler que les intentions des différentes formations sur cette question très sensible risquent d’être déterminantes.

Rappelons ici que le PQ propose de ramener les seuils à 35 000 immigrants par année tandis que QS veut les augmenter jusqu’à concurrence de 70 000 tout en proposant d’assurer un financement et des mesures conséquentes à cette augmentation.

De quoi le Québec aura-t-il l’air après le cinq octobre? Aurons-nous un gouvernement du PQ majoritaire ou minoritaire? Et quid de la région de Québec ? Après une première période où le vote s’est consolidé et un premier débat où les Québécois-es ont donné PSPP gagnant à 38 % (Léger/TVA), est-il encore possible de faire bouger les plaques tectoniques?

Chose certaine, pour une région de la Capitale-Nationale forte dans un Québec qui s’assume, moi je garde le cap sur le PQ.

Ni à gauche, ni à droite, mais droit devant !

Commentaires

  1. Une précision concernant la position du PQ sur le 3e lien. Le PQ a annoncé, le 25 septembre, qu’il allait suivre les recommandations de la CDPQ Infra (Caisse de dépôt et de placement du Québec) qui arrive à la conclusion que la construction d’un pont ou d’un tunnel à court terme entre Québec et Lévis n’est pas nécessaire. Ainsi, le PQ compte plutôt poursuivre la construction du tramway et développer le transport en commun par SRB (système rapide par bus).

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