
Cet été a vu le début du chantier de la Tour Trudel à l’îlot Dorchester, malgré une opposition publique significative au projet des 17 étages blanc scintillant, qui vont se lever tout droit au milieu du paysage urbain. En plus d’obstruer le paysage, de bafouer le plan d’urbanisme du secteur, le projet représente une opportunité perdu de construire quelque chose dont la ville avait vraiment besoin.
Également cet été, on a vu le lancement du chantier Dallaire dans le boisé des Châtels, un projet qui va détruire au moins un tiers de cet espace naturel. Le boisé au-delà de sa valeur en termes de jouissance chez le voisinage et en termes d’habitat faunique, agit comme poumons au nord-ouest de la ville, contrebalançant en partie la pollution de l’autoroute Henri IV. En 2023, Dallaire avait barré l’accès des citoyens à la forêt.
Et dernièrement, la coupe des arbres le long du parcours du futur tramway est entamée. Au lieu de couper l’espace consacré aux automobiles, ce qui ferait du sens dans le cadre d’un mégaprojet de transports en commun, on coupe les arbres, parfois centenaires. Ces arbres offrent une canopée le long du boulevard René-Lévesque, surtout pour les personnes âgées des quartiers Montcalm et Saint-Sacrement.
Aujourd’hui, l’entreprise Quebec Stevedors Limited (QSL) propose la construction d’un port de conteneurs dans le secteur de la baie de Beauport, pour transposer 200 000 conteneurs par année, soit plus de 500 par jour. Ce projet vise une industrialisation accrue du secteur, qui est déjà lourdement pollué.
Anthony Cadoret, militant avec la Table citoyenne littoral est, déplore le fait que le Port de Québec va réaliser lui-même l’étude d’impact environnemental du projet de QSL.
« Le Port de Québec n’est pas dans l’obligation de considérer les effets de la pollution de l’air, du camionnage, dans les quartiers comme Limoilou », constate le jeune militant. « Ils ne sont pas tenus de considérer tout ce qui sort du territoire du Port du Québec. A partir du moment où un camion sort du port, ils ne sont plus obligés de le considérer lors de leur évaluation. » Selon Marie Deschamps, directrice des communications chez QSL, l’entreprise vise à transporter jusqu’à 80 % des conteneurs par train. Et selon elle, les camions de transport peuvent porter jusqu’à deux conteneurs par voyage. Mais même dans ce scénario idéal, il y aurait une cinquantaine de camions de plus par jour dans le secteur et en fait, le double de ce nombre, si on inclut le voyage vers le port et partant du port.
Anthony Cadoret a ses doutes quant à la capacité pour QSL de transporter 80 % des conteneurs par train. « Quand on regarde le Port de Montréal, on est plus autour de 50-50,» note-t-il, « alors on est très sceptiques de la capacité du Port de Québec à faire transiter seulement 20 % de ses conteneurs par camion. »
Pour la Table citoyenne, même un camion de plus dans le secteur, c’est trop. « Nous, notre campagne, c’est «Pas un camion de plus ». La pollution de l’air dans Limoilou est grave. Actuellement on est dans une zone saturée de polluants, il ne faut plus en ajouter. » Une pétition s’opposant au projet de QSL, disponible sur le site de la Table, a déjà recueilli 1500 signatures.
Marie Deschamps note que QSL n’a toujours pas déposé leur projet formellement. Il n’est pas possible alors pour l’entreprise de discuter du projet en détail, notamment en termes de ses coûts et impacts environnementaux et économiques. Suite au dépôt du projet, le port va mener des consultations publiques. La Table citoyenne demande aux candidats de la circonscription Jean-Lesage de s’engager à exiger que le projet QSL soit évalué par le Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE).
Désolé, mais vous parlez à travers votre chapeau. Ce sont deux firmes indépendantes qui feront l’évaluation des effets environnementaux, en prenant en compte les effets à l’extérieur du territoire portuaire. Allez juste lire l’article paru dans le Journal de Québec sur l’évaluation qui sera faite. Il est paru samedi ou dimanche. Vous n’avez aucune idée du processus et des lois qui s’appliquent. De plus, l’évaluation implique des consultations publiques des résidents et des Premières Nations. Cessez de dire n’importe quoi, vous êtes ridicules.
Bonjour M. Lavoie,
Merci d’avoir pris le temps de lire et de répondre à mon article. Je propose que, aux fins d’une bonne discussion, on laisse à côté les insultes d’ordre personnel.
Concernant la démarche annoncée par le Port de Québec, il y a plusieurs problèmes. D’abord, le port est un promoteur du projet. Même s’il engage une firme privée pour réaliser l’évaluation du projet, le client est le port, et la nature du monde des affaires est qu’on ne veut pas déplaire aux clients. On note également que la PDG du port est Me Olga Farman, qui est également sur le conseil d’administration de la CDPQ, un investisseur majeur dans QSL, le promoteur du projet de port-conteneur. Alors, une évaluation commandée par le port ne peut pas être neutre.
Seul un organisme comme le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) aurait un mandat qui peut être considéré neutre. Et une étude du BAPE peut viser plus large que simplement le territoire du port: le BAPE peut, par exemple, étudier les impacts éventuels d’un transit des centaines de conteneurs sur les quartiers avoisinants.
Personnellement, je ne vois pas pourquoi le port et QSL ne demanderaient pas eux-mêmes une évaluation du BAPE, comme le font maintenant au moins Québec Solidaire et le Parti Québécois. Qu’est-ce que vous en pensez?