C’est qui ça Blanche Garneau ?

Par Martine Lacroix
Publié le 5 mai 2026
Haute-Ville Basse-Ville, Jean-Pierre Charland, Hurtubise, Montréal, 1998, 600 p.

Mettre un point final à sa journée par quelques minutes de lecture constitue un rituel pour beaucoup d’entre nous. Mais se plonger dans une brique s’inspirant du meurtre sordide d’une jeune femme issue de mon coin de pays, cela n’apporte point l’effet apaisant d’une tisane à la camomille. Dès l’ouverture de Haute Ville, Basse-Ville, jadis titré Un viol sans importance par son auteur Jean-Pierre Charland, le fantôme de Blanche Garneau s’est engouffré dans mon existence.

Par un samedi supposément printanier, j’écris ces lignes en direct de La Maison Smith. Clin d’œil à la martyre qui bossait dans une boutique de thé sise sur Saint-Vallier ; je me réchauffe avec une infusion, perles du dragon que ça s’appelle. C’est qu’il faisait frette en titi aujourd’hui. Tant pis ! Rien n’aurait pu restreindre mes déambulations au parc Victoria, là où fut décou vert le cadavre de Blanche le 28 juillet 1920.

Aujourd’hui, dans la boue ou encore sur la neige sale, nul doute que les frimousses qui s’y activaient vont dormir tels des loirs ce soir. Par contre, les jeunes qui ont repéré son corps, voilà 125 ans, durant combien de nuits des cauchemars se sont-ils glissés sous leur couette ?

Comme la moyenne des ours, mon regard arrive à peine à se détacher de mon écran maudit. Voilà que j’y scrute la vieille pierre tombale de Blanche. L’épitaphe s’avère quasi illisible.

Depuis mon arrivée à Québec, j’ai demandé à quelques personnes si le nom de Blanche Garneau leur disait quelque chose. Toujours la même réponse, « C’est qui ça Blanche Garneau ?… »

Pourquoi pondre une lettre ouverte sur cette jeune femme de 21 ans morte depuis des lustres ? C’est flou. Question à votre intention, vous arrive-t-il d’arpenter le parc Victoria ?

Je vous imagine en train de courir au son d’Angine de Poitrine. À moins que ce ne soit pour une promenade en compagnie de votre âme sœur, que l’entité favorite se déplace sur deux pattes ou encore sur quatre pattes. Et s’il s’agissait simplement de votre lieu de prédilection où, la tête dans les nuages, vous croyez voir votre sosie fai sant des chatouilles à la Lune à la manière des astronautes d’Arte mis II.

Peu importe les motivations qui vous guident vers cet espace vert baptisé en l’honneur de notre old British queen, après avoir parcouru ce texte, qui sait si une petite pensée pour Blanche ne surgira point dans votre esprit mais aussi votre cœur. Et s’il reste encore un peu de place, vous songerez peut-être à toutes celles qui ont subi le même sort et éga lement à toutes celles qui en su biront un comparable bientôt…

Venir à Québec, ça rime souvent pour moi avec le micro ouvert des soirées du Tremplin d’actualisation de poésie. En ce deuxième vendredi du mois, quelques voix avaient opté pour des mots exprimant leur angoisse face à l’atmosphère apocalyptique qui asphyxie depuis quelque temps la planète bleue.

Eh oui, il y a ces idées de droite qui s’infiltrent partout aussi sour noisement qu’une couleuvre dans une maisonnette soupçon née de donner asile à une souris. Et comment ignorer les droits humains disparaissant aussi vite que les billets pour entendre Céline à Paris. Sans compter tous ces conflits sanglants, gracieuseté de gouvernements qui ressemblent à des gamins de vant un urinoir, mon zizi est plus gros que le tien… quelconque désaccord avec Léon XIV qui a déclaré que « la guerre est revenue à la mode ».

Catho ou non, est-il possible d’exprimer un quel Le pape. Ça a l’air que Blanche rêvait de prendre le voile. Puisse Dieue l’avoir accueillie à bras ouverts…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité