Une coopérative avec une serre sur le toit ?

Par David Johnson
Publié le 24 avril 2026
L’îlot Saint-Vincent-de-Paul, site d’une future coopérative. Photo: David Johnson

L’îlot Saint-Vincent-de-Paul sera le lieu d’un projet majeur et important pour le centre-ville : la construc tion d’une coopérative d’habitation de plus de 150 logements. Techniquement faisant partie du Vieux Québec, les futurs 500 résidents vont vivre dans un quartier considéré comme un désert alimentaire : le Vieux n’a pas d’épicerie ni de marché pour acheter de la nourriture sur son territoire.

Une opportunité en or se présentera alors à la Ville lors de la réalisation de ce projet : créer une coopérative d’habitation avec une vocation d’agriculture urbaine, incluant une serre sur le toit du bâtiment. Quoi ? C’est un concept qui existe, notamment, à Montréal, les Fermes Lufa exploitent maintenant cinq serres sur les toits de bâtiments dans des quartiers comme Ahuntsic. Ces serres produisent une alimentation de qualité à l’année longue – on est même capable d’y faire pousser des pêches. L’avantage dans un climat comme on a au Québec est qu’une serre sur un toit profite du chauffage du bâtiment pour rester chaude. C’est alors économique et pratique.

Sécurité alimentaire

Au-delà du désert alimentaire qu’est le Vieux-Québec, la sécurité alimentaire dans nos villes est de nature précaire. On est dépendant d’une importation de la nourriture des quatre coins du monde, ce qui est seulement possible lorsque le prix de l’énergie est bas. Ceci est en train de changer : le prix du carburant a augmenté de presque 50 % depuis le mois de février. Le prix de l’engrais aussi. Les impacts de ces changements vont être ressentis dans les épiceries au cours des mois et années à venir.

La possibilité de produire de l’alimentation dans nos villes peut représenter une solution plus qu’intéressante et mérite d’être explorée sérieusement.

Développement de l’expertise

Le fait que le site de l’ancien Patro Saint-Vincent-de Paul sera le lieu de résidence de 500 personnes est grâce à un militantisme ardu, notamment mobilisé par le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste. Il y a également une expertise énorme dans le quartier en termes d’agriculture urbaine. La réalisation d’un projet de coopérative d’habitation avec une vocation d’agriculture urbaine permettrait de développer le concept ici et ailleurs dans la ville.

Sortir de l’itinérance

L’îlot Saint-Vincent-de-Paul se retrouve juste en haut de l’Auberivière, le principal refuge de la région de Québec. Pour quelqu’un qui cherche à sortir de l’itinérance, un élément qui peut faire une différence est d’avoir un projet dans lequel il ou elle peut embarquer. Est-ce que ce serait possible d’avoir, parmi les 500 logements dans la future coopérative, une douzaine qui serait dédiée aux personnes qui souhaitent sortir de l’itinérance ? En hébergeant temporairement à la coopérative d’agriculture urbaine, ils peuvent participer au projet agricole, ce qui peut leur permettre de vivre une expérience valorisante d’apprentissage, et comme tout jardinier sait, thérapeutique…

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