L’avenir des tes terres des Sœurs de la Charité: les citoyennes et les citoyens veulent être consultés

Par Voix citoyenne et l'Institut Jean-Garon
Publié le 17 septembre 2021
Les terres des Sœurs de la Charité et Québec à l’horizon. Photo: archives DDP

La nouvelle de l’offre d’achat du gouvernement du Québec faite aux Sœurs de la Charité pour les terres de l’ancienne Ferme SMA donne matière à se réjouir. Elle indique que le gouvernement a entendu les très nombreux citoyens, groupes et organisations qui, depuis 2014, se sont mobilisés en faveur du maintien de la vocation agricole de ces riches terres d’une importance stratégique pour la population de Québec.

Voix citoyenne et l’Institut Jean-Garon, deux organismes au cœur de cette mobilisation, souhaitent que cette transaction soit conclue rapidement et marque le début d’une phase de conception et de concertation où les citoyens et groupes intéressés pourront participer en amont des décisions. En effet les citoyens et la société civile s’estiment légitimés de vouloir participer à l’élaboration d’un plan d’ensemble pour l’avenir de ces terres. C’est un véritable projet de société qu’il est nécessaire de bâtir, d’autant que les changements climatiques exhortent à agir promptement.

Or, les derniers jours nous ont appris que le gouvernement, la Ville de Québec et les Sœurs de la Charité ont déjà amorcé une démarche pour orienter l’avenir de ces terres. C’est donc immédiatement, en amont d’une planification globale où « les fils seraient déjà attachés », qu’une plateforme ouverte et transparente doit être mise en place.

Tous pourront y exposer leur vision (exemple, par dépôt de mémoires) plutôt que de réagir à un plan général déjà convenu. De plus, une participation élargie à la définition des critères de sélection pour les options à retenir ferait en sorte que le résultat n’en serait que plus consensuel pour ce projet de société sans pareil.

Les aspirations exprimées par les citoyens depuis 2016 visent une réorientation de la vocation de ces terres vers une agriculture de proximité pour augmenter l’autonomie alimentaire locale. L’éventuelle implantation d’un parc d’innovation agricole rejoint ces préoccupations. C’est déjà un bon point.

Le gouvernement gagnerait à faire une place à ces gens engagés qui ont travaillé depuis des années pour sensibiliser la population à la préservation de ces terres contre l’urbanisation. Ceux-ci ont également fait la promotion d’une vocation orientée vers une agriculture qui intégrera la relève agricole sans terre et axée sur une plus grande autonomie alimentaire ainsi que le mieux-être de notre collectivité. Et ne serait-il pas réellement innovateur d’associer aussi les citoyens à la gestion future de ces terres, comme à travers une Fiducie d’utilité sociale agricole (FUSA) ?

Les grands jalons d’une victoire citoyenne Rappelons quelques jalons significatifs de ce qu’on peut considérer comme une grande victoire citoyenne: le « Cri du cœur d’un agriculteur » (2014), les consultations publiques sur le Schéma d’aménagement et de développement de Québec (2016 et 2017), la Grande marche festive pour les terres agricoles (2017), le soutien de députés et, surtout, de multiples organisations et groupes de citoyens, comme l’Institut Jean-Garon et Voix citoyenne, initiateurs de la lettre ouverte parue en juin dernier.

Elle s’adressait au ministre responsable du MAPAQ, aux Sœurs de la Charité, aux autorités de la Ville de Québec et aux partis politiques municipaux en campagne électorale. La lettre ouverte de juin incitait les partis politiques municipaux à faire consensus quant à une vocation agricole pérenne pour ces terres.

Un autre enjeu majeur concernait leur acquisition. Comment envisager un achat à des fins agricoles quand la valeur au rôle d’évaluation municipale frôle les 30 M$ et que le prix du marché des terres agricoles est presque dix fois moindre ? L’offre gouvernementale permet donc de surmonter ce problème. La mobilisation catalysée par les consultations publiques de 2016 et 2017 a contribué à souder les forces vives.

Depuis l’abandon du projet Dallaire et la rétrocession des terres à la congrégation en décembre dernier, ces forces s’activent discrètement en vue de divers projets. Le porte-parole des Sœurs de la Charité avait laissé entendre en décembre que la population serait consultée avant toute décision. Malheureusement, rien de cela n’a eu lieu.

 

 

 

 

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