Alexandra Tremblay, candidate indépendante dans le district Saint-Roch – Saint-Sauveur 

Par Sophie Lavoie
Publié le 27 septembre 2021
Alexandra Tremblay, candidate indépendante aux élections municipales à Québec. Photo: courtoisie.

Alexandra m’accueille dans son appartement de la basse-ville. Un appartement qui pourrait ressembler au mien si j’avais deux enfants, qui ressemble probablement au vôtre si vous habitez la basse-ville. Nous avons discuté gouvernance citoyenne, transition écologique et juste, mais aussi des pressions que l’exercice politique met constamment sur l’individu. Brièvement, je lui parle de sa récente dissociation d’avec Transition Québec :

« Transition Québec a décidé de se dissocier de ma candidature. Nous n’avions pas les mêmes façons de communiquer, de travailler. J’accorde beaucoup d’importance aux ressentis, aux émotions, à la proximité. Le cadre partisan met de nombreuses barrières dans tout ça. »

La jeune femme queer et coiffeuse de formation se présente comme candidate indépendante. Son enthousiasme et sa confiance envers l’avenir sont débordants, mais surtout rassurants.

« En ce moment, ce qui est super intéressant, c’est que Labeaume ne revient pas. Donc, pour ces élections-là, les citoyens ont du choix. Ils vont élire de nouveaux conseillers. Imagine les coalitions que ça pourrait créer à l’Hôtel de Ville… Imagine les dialogues qui pourraient y avoir au sein de tous ces représentants directement élus par les citoyens. »

La gouvernance citoyenne, Alexandra s’enflamme lorsqu’elle en parle. Elle m’explique qu’avec son fils, elle joue à un jeu, le jeu des concepts :

« On joue à se poser des questions. Je lui explique ce qu’est la gentrification, la décarbonisation, les îlots de chaleur urbains. Et il comprend ! Il comprend parce que je lui explique et qu’il a la chance de me poser des questions pour aller au bout de ses interrogations. Pourquoi on ne fait pas ça dans la gouvernance locale ? Pourquoi certains conseillers nous répètent-ils depuis des années, lorsqu’on demande plus de consultations publiques, plus d’arbres, plus de parcs, moins d’automobiles dans nos rues, plus de sécurité routière, etc…, pourquoi ces conseillers nous disent-ils toujours que c’est trop compliqué ? Non, ce n’est pas compliqué. On est en train de parler de qualité de vie, d’accès à de la nourriture, à de l’eau potable, à de l’air de qualité, etc. Ce n’est pas du luxe, la planète brûle ! »

Au printemps 2020, Alexandra travaillait pour la SDC Saint-Roch. Les rues piétonnes étaient alors en discussion et plusieurs citoyens étaient inquiets. Alexandra a fait des cartes interactives, expliquant aux automobilistes les détours et autres stationnements disponibles qui s’offraient à eux. Elle est allée voir les citoyens inquiets, leur a expliqué ce qu’on ne leur avait pas expliqué. Elle leur a montré les alternatives.

« Ce n’est pas normal que les citoyens aient peur de prendre le micro, de s’exprimer et de dénoncer les situations qui les rendent inconfortables. Le sentiment d’imposteur, c’est ça. Il faut enlever le plus de barrières possibles afin de redonner aux citoyens des quartiers le pouvoir de décider de l’issue des enjeux qui les concernent. »

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« On dit qu’on veut utiliser la technologie pour renforcir la démocratie, mais cela se fait sans aucune consultation publique. Dans le district ici, une grande partie de la population est précaire, plein de gens n’ont pas accès à internet, à de l’information, aux données. Comment ces personnes vont-elles faire pour participer ? »

Elle est très critique par rapport au controversé projet. Elle déplore le fait que la Ville de Québec ne donne pas les outils aux citoyens pour comprendre les débats.

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