Il est tombé le grand chêne!

Par Gilles Simard, un ami, un admirateur, un patenaire de vie.
Publié le 3 novembre 2020
Gilles Simard et Marc Boutin lors de l’exposition des œuvres de Marc à la librairie Saint-Jean-Baptiste en mars 2019. Photo: Nathalie Côté

Il est tombé le grand Marc ! Vendredi matin, le 30 octobre, il est tombé comme tombent les grands chênes frappés par l’orage, d’un seul coup, fendu et foudroyé, le cœur dévasté par un éclair de feu, une sorte d’infarctus massif qui ne lui a laissé aucune chance ! Lui qui était en train de signer un énième article pour le journal Droit de Parole, à peine a-t-il eu le temps de m’appeler au secours, que c’était déjà le commencement de la fin. Le départ sur une civière avec le défibrillateur vissé au torse, et, rendu à l’hôtel Dieu, le terrible prononcé de la mort. Ces mots qu’on ne voudrait jamais entendre, s’agissant des gens qu’on aime.

Comme plusieurs d’entre vous qui l’avez appris au travers des branches, je suis triste, peiné, choqué même. J’aimais ce gars-là ! Je l’aimais comme on aime un ami d’un amour de gars ! Je l’aimais comme un frère, un camarade, un confident, un alter ego, un partenaire, quelqu’un qu’on imagine éternel.

Parce que Marc était tout cela, oui, mais beaucoup plus encore ! C’était un batailleur redoutable et implacable en matière de luttes urbaines ; un journaliste communautaire à la plume intarissable et acérée ; un géographe et militant urbain visionnaire, pragmatique et respecté ; un acteur du « communautaire » à la fois pionner, bâtisseur, fondateur et toujours resté des plus humbles ; un professeur d’urbanisme et d’architecture généreux de son temps et de son savoir, et qui aura formé des dizaines de militants-es là-dessus. Il y a peu, à la blague, je disais encore : « Marc, c’est à la fois le Gordie Howe et le Maurice Richard du milieu populaire et communautaire à Québec ! » Et comment !

Oui, le grand Marc c’était tout cela, mais que dire encore ?! Bien sûr, il n’avait pas que des qualités ! Il avait quelques beaux défauts, un ou deux « tocs », et quelques bonnes vieilles manies… Qu’importe, on l’aimait comme il était ! Authentique, passionné, généreux, d’un seul bloc, et de toutes les causes ! Au reste, tous-ceux et celles qui ont visité ses multiples expositions au fil du temps vous le diront, l’homme était aussi un amoureux des arts, des lettres et des formes, un photographe appliqué et constant, un poète romantique et multiple, un talentueux peintre doublé d’un prolifique dessinateur. Semble-t-il que le Gémeaux qu’il était portait ça à sa naissance !

Finalement, outre d’être un fabuleux sportif amateur et un actif pour toute sa communauté, Marc était un amoureux de la vie avec un grand A. Un amoureux transi des femmes et de sa Zoé, aussi ; un gars loyal et très généreux pour ses amis-es, doublé d’un père et d’un grand-père aimant et attentionné pour ses enfants (Camille et Félix) et ses petits-enfants (Odile, Meïkan et Flavie) qu’il adorait.

Et il va me manquer le grand Marc ! Et vont me manquer aussi ses rassurants persifflages et ses ineffables montées de lait contre l’automobile et le Canadien de Montréal ; ses envolées anticléricales et ses rodomontades contre les promoteurs et les profiteurs de tout acabit ; ses obsessions « labeaumiennes » et ses théories critiques sur le « sexe » des villes ; ses discours indépendantistes et ses oraisons sur la langue française et la démocratie citoyenne !

Tout ça va me manquer… Terriblement !

À ses enfants Camille et Félix, ses petits-enfants, à son ex-conjointe et mère des enfants, Marie-France, à son amie de cœur Zoé, à sa sœur Lucie, à ses nombreux-ses cousins-es et neveux et nièces, à tous-tes les parents et amis-es de Marc, je voudrais offrir mes plus sincère sympathies pour ce départ aussi cruel que brutal. Puisse Marc, là où il cantonne maintenant, veiller sur nous tous-tes !

« Il nous aura laissé beaucoup ; et il va aussi beaucoup nous manquer. »

 

 

 

 

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