Pour un transport abordable et accessible

Par Émilie Frémont-Cloutier, Collectif pour un transport abordable et accessible à Québec (TRAAQ)
Publié le 23 septembre 2020
Le tramway (détail). Illustration : Marc Boutin

C’est avec enthousiasme que le Collectif pour un transport abordable et accessible à Québec (TRAAQ), collectif d’action rassemblant des organismes préoccupés par l’accès au transport en commun des personnes à faible revenu, accueille la construction prochaine du tramway.

C’est pour démontrer que son implantation viendra répondre à plusieurs besoins de ces personnes que nous avons présenté un mémoire dans le cadre du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) pour la construction d’un tramway à Québec de l’été dernier.

Alors que pour un motif financier, nombre de personnes et ménages à faible revenu seront ceux qui dépendront le plus du service de tramway pour leurs déplacements et parce que la mobilité est un droit qui conditionne le respect et l’exercice de plusieurs droits, dont les droits au travail, à la santé, à l’éducation, à l’exercice démocratique, il nous est apparu indispensable de se pencher spécifiquement sur leurs besoins.

Nos recommandations au BAPE (extraits)

-Planifier l’implantation d’une tarification sociale basée sur le revenu dès la phase de construction pour qu’elle soit en opération au plus tard dès le début de l’exploitation.

– Faciliter l’accès des personnes à faible revenu au transport en commun et adapté, groupe qui compte déjà nombre d’utilisatrices et d’utilisateurs réguliers en plus d’être actuellement en nombre croissant vu le contexte de pandémie, favorisera la reprise et l’augmentation de l’achalandage dès maintenant et en vue de l’exploitation du tramway.

– Penser à l’implantation d’une tarification sociale maintenant, c’est contribuer à l’achalandage de demain! Avec la crise sanitaire que nous vivons actuellement, l’utilisation des transports collectifs s’est transformée et plusieurs groupes cibles ‘’traditionnels’’ du Réseau de transport de la Capitale (RTC), notamment les fonctionnaires, qui se tournent massivement vers le télétravail, ont fortement diminué leur utilisation. Parallèlement, des travailleuses et des travailleurs à faible revenu et des bénévoles dont le travail est plus que jamais indispensable continueront à utiliser l’autobus.

Monnaie et durée du transfert

– Maintenir le paiement en monnaie puisque plusieurs personnes ayant une situation financière précaire dépendent de cette possibilité pour se déplacer.

– Augmenter la durée des transferts émis dans le tramway ou dans l’ensemble du réseau et qu’un même titre puisse être valide sur un même parcours.

– Maintenir des points de vente dans des lieux physiques est une nécessité pour de nombreuses personnes à faible revenu. Bien que depuis le 18 juin 2020, le fait de pouvoir se procurer en ligne des titres de transport accommode sans doute plusieurs passagères et passagers, ce n’est pas un mode de paiement qui peut être utilisé ou privilégié par tous. Alors que certaines personnes n’ont pas internet chez elles, n’ont pas de carte de crédit ou qu’elles ne sont pas à l’aise avec le mode de paiement en ligne, il est crucial de maintenir des points de vente physiques.

Saint-Sauveur et Vanier mal desservis

En considérant que nombre de secteurs à forte défavorisation de la ville manquent de services de proximité et comportent souvent des déserts alimentaires, il est fondamental d’améliorer ou de développer des dessertes à bonne fréquence et efficacement reliées au pôle d’échange du tramway le plus à proximité de chaque communauté. Actuellement, même des quartiers situés au centre-ville tel Saint-Sauveur ou dans la périphérie directe du centre-ville, tel Vanier, sont mal desservis.

Maintenir le «trambus»

Si, tel qu’annoncé, le «trambus» est ôté du réseau structurant, cela aura un impact considérable sur de nombreuses personnes à faible revenu puisqu’il traverse une zone de la ville parmi celles où la défavorisation est la plus concentrée. Cela concerne notamment des citoyennes et des citoyens des quartiers Saint-Sauveur et Maizerets /d’Estimauville.

Planifier l’implantation de logements sociaux

Avec la construction et l’exploitation du tramway, une hausse de la valeur des terrains qui longent le tracé est à prévoir. Le TRAAQ craint à cet effet qu’un phénomène de gentrification s’y déploie et que des personnes à faible revenu soient contraintes de quitter leur quartier. Par souci d’équité et de solidarité, il est impératif de tenir en compte les besoins des personnes à faible revenu. Retenons que notre recommandation d’implantation d’une tarification sociale est la plus fondamentale, car il serait contre-productif de déployer un effort aussi colossal pour la construction d’un tramway et qu’au moment de l’exploiter, les personnes qui dépendent le plus de ce service, qui sont parmi les usagères et usagers les plus réguliers n’aient pas les moyens financiers de l’utiliser.

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