Lorsque le sang

Par François-Provençal Doyle
Publié le 6 mai 2020
L’église Saint-Sacrement à Québec.                Dessin: Marc BoutinLorsque le sang carat bleuit

Lorsque le sang carat bleuit

Du sang des autres l’eau rougit

 

À la démolition d’une église

Les trésors cachés au cœur de la nef

Se dispersent dans les rues

Et les parfums purs des encensoirs

S’épuisent vers les quartiers

Aux lumières tamisées tandis que le vin

Des vitraux aux couleurs feutrées

Qui s’écoule des absides en ruines

S’échappe du temple

De la joie animale de notre jeunesse

Et inonde les parcs à venir

De la ville où des femmes studieuses

Et des garçons insoumis

Répandent leur constance

Au versant nord des dernières pierres

Des parvis abandonnés

 

Intolérance explosive des cellules séminales

Au ban du lieu le cancer devient signe de vie

 

Les rues enflammées d’essence empoisonneuse

Et sonores du rire des liquidateurs

Des promoteurs et des prébendiers du port

Deviennent après l’abandon d’une église

Des couloirs sacrés où la relève militante

Des croyants qui attendent

Des incroyants qui agissent

Des errants et des désœuvrés

Des bardes et des enragés

Des postulantes urbaines

Où les poètes ces cols bleus de la nuit

Témoignent à leur humble passage

Rues Couillard Saint-Gabriel Carillon

Notre-Dame-des Anges ou d’Assise

De la nouvelle consécration

De tous ces univers clos et désolés

Que voile pour un temps le rideau des façades

Derrière lesquelles les vaincus et les vivants

Épandent le ferment de la révolte

 

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