Protections des terres humides à Charlesbourg. Quand les bottines ne suivent pas les babines

Nicole Moreau
Publié le 24 octobre 2019

Le travail des politiciens est, en principe, fondé sur la confiance des citoyens à leur endroit. Mais qu’en est-il quand des politiciens ont un discours qui va dans un sens, sur un sujet donné, mais que ses actions ou ses décisions ne s’inscrivent pas dans ce cadre ? On pourrait donner plusieurs exemples de ce type de comportement, aussi bien au fédéral qu’au provincial ou à la Ville de Québec.

Je vais en citer un en particulier et qui me tient à cœur, puisqu’il porte sur un dossier associé à l’environnement. Si je me réfère à un extrait du procès verbal de la quatrième année du conseil d’administration du conseil de quartier Notre-Dame-des-Laurentides, tenue en juin 2019, la Ville de Québec est signataire de la « Déclaration pour la préservation d’un environnement climatique propice au développement de son territoire » qui reconnaît l’urgence climatique et appelle à la lutte contre les effets des gaz à effets de serre. Cette déclaration a été adoptée à l’unanimité par les villes de la Communauté métropolitaine de Québec.

Une résolution du conseil de quartier

C’est dans une telle perspective que l’on s’attendrait de la part de la Ville qu’elle prenne des décisions en lien avec cette déclaration. Toutefois, le promoteur d’un projet situé dans le quartier Notre- Dame-des-Laurentides, au nord des rues de l’Angelot et de Bigorre, serait localisé dans un boisé humide. Les citoyens ont demandé par résolution du conseil de quartier la préservation de ce boisé, la réalisation de ce projet dans un site identifié par le ministère de l’Environnement et de la Lutte aux Changements climatiques, étant susceptible d’impacts par la destruction d’une tourbière et d’un marécage.

Pour l’instant, les citoyens n’auraient pas reçu de réponse à leur demande exprimée à la Ville pour négocier avec le promoteur en vue de l’abandon de la phase nord du projet au nord de George-Muir. Quand on connaît le rôle majeur joué par les milieux humides sur le contrôle des eaux de toutes sortes, un rôle d’éponge si nécessaire lorsque l’on songe aux inondations qui ont eu lieu un peu partout au Québec, on se rend compte que le projet du nord de Charlesbourg ne paraît pas s’inscrire dans la même lignée que la déclaration déjà mentionnée.

La confiance résulte, à mes yeux, d’une nécessaire cohérence entre le discours d’une personne et ses actions ou ses décisions. Quand il s’agit d’un citoyen ordinaire, c’est un moindre mal, mais quand il s’agit de décideurs, d’élus, on ne peut s’empêcher de croire qu’à chaque fois que cette distance est constatée, il y a ébranlement de la confiance des citoyens envers ceux et celles qui prennent les décisions. Pour cette raison, il est possible de dire que les bottines ne suivent pas les babines, et c’est désolant pour les citoyens qui peuvent ressentir de sérieuses difficultés à faire un choix lors des élections puisqu’ils peuvent éprouver des doutes sérieux à l’égard de tels politiciens dont les décisions divergent parfois profondément de leur discours.

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