Mobilisation urbaine: Saint-Sauveur a besoin de 1000 arbres d’ici 2025

Part Guillaume Béliveau Côté
Publié le 24 octobre 2019
Park(ing) Day sur la rue Victoria. Photo: Marie-Pier Aubin

Le constat est clair, l’abattage d’arbres matures dans les quartiers centraux de Québec s’accélère. Dans le quartier Saint-Sauveur, les exemples sont nombreux. Le 20 juin dernier, un arbre faisant de l’ombre dans la cour d’une garderie est abattu. Plus tard dans l’été, un projet résidentiel entraîne la perte d’arbres le long du boulevard Charest. Et le 17 septembre, on apprend que 76 arbres seront abattus à cause de l’agrile du frêne. Au-delà des cas particuliers, il faut se demander ce qui ne tourne pas rond. Bien sûr, la maladie de l’orme. Bien sûr, l’agrile du frêne. Mais qu’en est-il de la prévention, qu’en est-il des coupes sauvages et des permis d’abattage délivrés parce que l’arbre est malmené ?

Rappelons que les arbres rendent d’immenses services à la communauté. En plus d’apporter ombre et fraîcheur, ils filtrent l’eau, le bruit et l’air, et diminuent les risques de développer des maladies respiratoires comme l’asthme, particulièrement chez les populations les plus vulnérables.

Dans sa Vision de l’arbre 2015-2025, la Ville s’engage à faire grimper l’indice de canopée — indice qui représente la part du territoire couvert d’arbres — de 3 % sur l’ensemble de son territoire. Mais, tous les quartiers ne font pas face aux mêmes défis. Alors qu’en 2015, l’indice de canopée était de 13 % dans le quartier Saint- Sauveur, il était évalué à 22 % dans le quartier Montcalm. Pour les quartiers centraux, l’objectif serait fixé à 15 %. À titre indicatif, une hausse de deux points de pourcentage dans le quartier Saint-Sauveur représente un ajout de plus de 1000 arbres matures à grand déploiement d’ici 2025.

Si rien d’ambitieux n’est fait, tout indique que la Ville ratera ses propres objectifs.

Entendons-nous bien. Des progrès sont réalisés : des citoyens et des citoyennes se regroupent et s’organisent pour accélérer le verdissement. Les organisations sont de plus en plus nombreuses à mettre les mains dans la terre pour verdir notre quotidien. D’ailleurs, la Ville rassemble une quinzaine d’organismes actifs en verdissement afin que les efforts soient coordonnés. Elle soutient la mise sur pied d’un programme de plantation en terrain privé, « Demain la forêt ». Dans les derniers jours, elle a publiquement ajouté le verdissement de la rue Saint-Vallier Ouest à son agenda.

Lutter contre les îlots de chaleur

Depuis près d’un an, Verdir Saint-Sauveur s’est ajouté à la liste des initiatives citoyennes. Avec le soutien du Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur et le Conseil de quartier, ainsi qu’avec la collaboration de Verdir Saint-Roch, la Société de la rivière Saint-Charles, l’école Sacré-cœur, le Collectif Fardoche et Nature Québec, des actions sont entreprises. Une bande gourmande et quatre arbres ont été plantés à l’école Sacré-cœur. Un programme de reconnaissance pour les propriétaires qui prennent soin de leurs arbres matures a été mis sur pied. Pour 2020, Verdir Saint-Sauveur prévoit planter plus d’une trentaine d’arbres aux quatre coins du quartier.

Mais, ces progrès sont précaires tant qu’ils ne sont pas accompagnés d’actions structurantes et durables de la part de la Ville — qu’elle seule peut poser — pour accroître la protection des arbres matures. Pensons à des règlements véritablement dissuasifs et posant de réelles contraintes lors de l’abattage (amendes salées, obligation de replantation, intégration dans les nouveaux développements, davantage d’inspecteurs, etc.). Au rythme actuel, les plantations ne peuvent à elles seules compenser les abattages. Les canicules, comme celles de cet été, sont des rappels tangibles qu’avec les changements climatiques, nous devons nous préparer dès maintenant à vivre des épisodes de chaleur plus sévères et plus fréquents, et les arbres peuvent nous en protéger. Les îlots de chaleur, qui sont omniprésents dans notre quartier, sont responsables d’une hausse de la mortalité lors des épisodes de chaleur extrême. La présence d’arbres en taille et en nombre suffisant peut éviter ces tragédies.

Monsieur Labeaume a démontré, lorsque c’était nécessaire, qu’il est prêt à se relever les manches et à remettre en question des décisions mal avisées. C’est le temps de s’interroger sur la Vision de l’arbre. La tendance actuelle indique qu’un redressement s’impose.

Alors, d’ici 2025, quelle est la stratégie pour inverser la tendance ? Nous attendons de la Ville qu’elle réponde à cette question rapidement et surtout, qu’elle mette en œuvre tous les moyens qui permettront de le faire. Les nombreux organismes actifs dans le verdissement, de pair avec les citoyennes et citoyens, seront là pour lui rappeler ses responsabilités, mais aussi pour la soutenir et collaborer avec elle.

Verdir Saint-Sauveur sera du nombre !

Verdir Saint-Sauveur est un regroupement de citoyens, de citoyennes et d’organismes qui a pour mission de verdir le quartier Saint-Sauveur en favorisant la mobilisation et la concertation. Notre action vise à augmenter significativement l’indice de canopée dans le quartier afin d’améliorer la qualité de vie de la population. Nous privilégions les initiatives qui ont des effets positifs sur l’espace public afin que tous et toutes puissent en bénéficier. Nous plaçons l’équité sociale au centre de notre action. Vous voulez vous impliquer : guillaume.bc@cccqss.org

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