Cinquante Québécois-es signent une lettre pour la paix au Venezuela

Par le Comité pour la paix en Amérique latine
Publié le 11 février 2019

Préoccupés par la situation actuelle au Venezuela, par les menaces d’invasion et d’une éventuelle guerre civile, des citoyens et citoyennes de la Ville de Québec se sont regroupés afin de chercher à mieux comprendre ce qui se déroule actuellement dans ce pays.

Après avoir pris connaissance de l’histoire contemporaine du Venezuela, de la situation politique dans l’ensemble du continent et des interventions répétées du gouvernement américain pour soutenir des gouvernements anti-populaires et antidémocratiques, nous avons décidé d’un commun accord de dénoncer ce qui nous est présenté comme une intervention humanitaire.

De fait, depuis le Coup d’État de 2002 contre le président Hugo Chavez, les intentions du Département d’État américain ne sont plus un secret pour personne. Toutefois, ce qui apparait consternant à nos yeux, c’est le caractère univoque de la couverture de presse internationale relayée par nos médias nationaux.

Pourtant, qui prend la peine d’observer le cabinet de guerre du gouvernement de Donald Trump, avec Mike Pence, Elliot Abraham, Mike Pompeo, John Bolton, et le parcours des 15 dernières années au Moyen-Orient, comprendra facilement de quoi nous parlons lorsqu’il s’agit d’aide humanitaire et de restauration de la démocratie, voire des droits humains. Irak, Libye, Syrie, Afghanistan, tous des exemples de mieux-vivre et de sociétés pacifiées par les troupes occidentales.

Ne nous leurrons pas, en plus de nombreuses richesses minérales, le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole de la planète. Son gouvernement d’orientation socialiste est un mauvais exemple pour les autres peuples d’Amérique latine et ses voisins, Colombie, Brésil et Guyane, lorgnent vers ces ressources naturelles. Déjà, John Bolton, sur les ondes de Fox, a avisé les sociétés pétrolières américaines que le Venezuela constitue une occasion d’affaires à ne pas manquer.

Mais qu’en sera-t-il de la population pendant l’invasion, sous l’occupation et de nombreuses années après? L’armée vénézuélienne demeure fidèle au gouvernement constitutionnel de Nicolas Maduro ainsi qu’un bon tiers de la population qui se mobilise de manière répétée dans les rues des différentes capitales. Le peuple du Venezuela est déterminé et armé et n’entend pas se laisser exproprier de ses ressources naturelles et de sa souveraineté sans rien faire.

L’opposition de Juan Guiado est également belliqueuse et refuse toute négociation qui ne soit autre chose qu’une reddition, alors qu’il serait plus raisonnable de convoquer de nouvelles élections pour l’assemblée nationale dont le mandat se termine en 2020. Les intentions de l’opposition soutenue par le groupe de Lima sont de rétablir le calendrier de privatisations néolibérales et de couper dans les bénéfices sociaux accordés depuis 20 ans par la révolution bolivarienne.

Pour ce qui est de la démocratie, on peut s’attendre au mieux à l’établissement de la méthode colombienne qui consiste à assassiner les leaders sociaux au fur et à mesure qu’ils apparaissent. Rappelons qu’actuellement, l’État de droit prédomine au Venezuela contrairement aux pays qui ont bénéficié des interventions militaires occidentales. On n’y assassine pas les opposants, ils ont droit à un procès. Ceux et celles qui sont emprisonnés le sont pour fraude, corruption, incitation à la violence ou actes violents. Ajoutons que consciente des torts irréparables qu’entrainerait une guerre civile, 80% de la population est opposée à une intervention étrangère au Venezuela.

Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore qu’il nous serait impossible d’énumérer ici, nous nous opposons à l’ingérence du Canada et des autres pays dans la gouvernance interne du Venezuela et nous appuyons les négociations sous l’égide du Mexique, de l’Uruguay et les 15 États membres de la CARICOM pour résoudre pacifiquement les différends en accord avec les lois internationales.

1 – Guy Roy, militant internationaliste

2 – Victor Ramos, anthropologue

3 – Yves Carrier, coordonnateur du CAPMO

4 – Isabelle Doneys, intervenante sociale

5 – Michaël Lessard, webmestre Réseau du forum social de Québec- Chaudière Appalaches

6 – Ernesto Castro, travailleur social

7 – David Savard, militant

8 – Tobie Maltais, militant

9 – Fernand Dumont, ébéniste industriel

10 – Mario Gil Guzman, sociologue, intervenant social, cellule de Québec pour une Colombie humaine

11 – Raul Gil Guzman, anthropologue, cellule de Québec pour une Colombie humaine

12 – Jean-Philippe Doré, militant internationaliste

13 – Juliette Ouellette, retraitée

14 – Alix Renaud, écrivain

15 – Lise Gauvreau, enseignante retraité

16 – Pierre Mouterde, sociologue, essayiste

17 – Robert Lapointe, géographe

18 – Paul-Yvon Blanchette, retraité, Mouvement des travailleurs chrétiens

19 – Marta Visal, intervenante sociale, Comité Oscar Romero Montréal

19 – Martine Sanfaçon, agente de pastorale

20 – Michel Laberge, membre de Développement et paix et du Parvis

21 – Gerardo Alvares, professeur retraité de linguistique de l’Université Laval

22 – Véronique Salmon, intervenante sociale

23 – Marie-France Labrecque, professeure émérite d’anthropologie, Université Laval

24 – André Jacob, vice-président politique, Les Artistes pour la paix

25 – Yves Lawler, retraité

26 – Cecilia Valdebenito, anthropologue consultante

27 – Christian Claude, enseignant à la retraite

28 – Lyse Routhier, communications politiques

29 – Claude Bélanger, retraité

30 – Oscar Fortin, retraité

31 – Claude Morin, professeur retraité d’histoire de l’Amérique latine, Université de Montréal

32 – José Del Pozo, professeur retraité, départ. d’histoire de l’UQAM, spécialiste de l’Amérique latine

33 – Gérald Doré, pasteur de l’Église Unie

34 – Robert Boudreau, retraité

35 – Beatriz Caceres, infirmière auxilaire

36 – Benoit Arcand

37 – Alexandre Cubaynes

38 – Xavier Beaulieu

39 – Éric Bouchard

40 – Louis Comtois

41 – Félix L’Heureux Bilodeau

42 – Anthony Tremblay

43 – Shaun Lovejoy

44 – Nancy Diaz, Centre chilien Pablo Neruda

45 – Olivier Lamanque Galarneau

46 – Jocelyne Barnabé, artiste en art visuel

47 – Nancy Diaz

48 – Élisabeth Desgranges, animatrice régionale à Développement et Paix

49 – Philippe Lavoie

50 – Michele Dhaïti, professeur d’anthropologie

 

 

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