Se chercher dans la peinture

Par Nathalie Côté
Publié le 5 décembre 2018
Marcel Barbeau au Séminaire internationale d’art optique de l’université Fairleigh-Dickinson, NJ, Madisson, été 1965. Photo: Hella Hammid

La rétrospective de l’œuvre de Marcel Barbeau (1925-2016) au Musée national des beaux-arts du Québec nous fait entrer au cœur de l’œuvre du signataire de Refus global. La production de Marcel Barbeau, un des seize signataires du manifeste de 1948, traverse sept décennies, des années 1940 jusqu’aux années 2000.

Rassemblant une centaine d’œuvres, l’exposition révèle une œuvre riche en expérimentations picturales. Des petites gouaches des années 1940 jusqu’aux tableaux plus récents, en passant par quelques sculptures monumentales qu’on découvre avec bonheur, l’œuvre de Barbeau passe par divers chemins, alternant entre abstraction lyrique, art optique et abstraction géométrique, faisant des allers-retours entre une peinture gestuelle et spontanée et l’application rigoureuse de la couleur et la création des formes découpées qui l’ont fait connaitre. L’exposition témoigne d’ailleurs de ce parcours atypique.

On y découvre de grands tableaux réalisés en direct devant le public, avec musiciens et danseurs, dans l’esprit des premiers happenings des années 1970. Les tableaux de cette période sont riches en expérimentations. Et on y découvre un Marcel Barbeau connecté sur la contreculture. Ce sont peut-être ces années-là qui apparaissent les plus intéressantes par la recherche du geste spontané, dans une peinture libérée des idées préconçues. Si la peinture en direct deviendra par la suite très répandue et perdra de son originalité, elle avait encore dans les années 1960 et 1970, un réel caractère expérimental. Elle sortait l’artiste de la solitude de l’atelier. C’est là que Marcel Barbeau apparait le plus en fusion avec son époque. Ce travail a d’ailleurs été reconnu en 2013, alors qu’il participera à l’exposition parisienne Nouvelles vagues au Palais de Tokyo.

Le musée présente un film de l’époque où on le voit lors d’une de ses performances picturales. On découvre un artiste plus sympathique que le portrait qu’en traçait sa fille, Manon Barbeau, en 1998, dans le film Les enfants de Refus global. On y voyait alors l’homme amer et insensible au sort de ses enfants. L’exposition du MNBAQ permet d’apprécier son œuvre, malgré tout. Elle donne le goût de relire le manifeste de 1948 et de revoir le film Les enfants de Refus global (on peut le visionner gratuitement sur le site de l’ONF). Une exposition à voir parce qu’elle nous fait découvrir des aspects méconnus de la recherche picturale de Marcel Barbeau et nous replonge dans la période la plus fascinante de l’histoire de l’art québécois.

Marcel Barbeau. En mouvement.

Jusqu’au 6 janvier 2019. MNBAQ, 179. Grande Allée Ouest. Demi-tarif, les mercredis de 17h à 21h. Gratuit le premier dimanche de chaque mois.

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