3e lien: un pont en avant, deux pas en arrière

Par Véronique Careau
Publié le 11 décembre 2018
Course de traîneau sur le fleuve St-Laurent à Québec, huile sur toile, 1852, Cornélius Krieghoff (1815-1872).

En tant que citoyenne de la ville de Québec sensible à l’environnement, j’ai suivi avec beaucoup d’intérêt le virage Zéro déchet de la ville de Lévis. Je tiens à féliciter l’initiative réalisée auprès des édifices municipaux et l’aide de la Ville pour accompagner vingt foyers à réduire leurs déchets.

Toutefois, les initiatives vertes de la Ville de Lévis et son plan d’action de développement durable 2014-2034 semblent être incohérents avec la volonté du maire de construire un troisième lien. L’impact de ce projet sur l’étalement urbain n’engloutira-t-il pas tous les autres efforts que fait la ville ?

En effet, toutes les études montrent que l’ajout d’autoroutes ou leur élargissement ne diminue pas la circulation et occasionne plus de pollution à moyen terme, car le fait de rendre la circulation momentanément plus fluide incite les gens à déménager en banlieue et à s’acheter une voiture.

Le troisième lien, on le sait, c’est plus d’étalement urbain, plus de gens qui utilisent la voiture pour aller travailler, autant de trafic dans dix ans — sinon plus — et quatre à dix milliards de dollars d’argent public investi dans une infrastructure qui va dans le sens contraire du développement durable. Bien qu’une partie de la population soit prête à changer ses pratiques individuelles pour ralentir la crise écologique, un seul projet polluant peut annuler l’impact de la somme des petits gestes verts individuels.

Un sondage Léger a montré cet été un fort appui pour le projet du troisième lien tandis qu’un autre sondage de la même firme place la protection de l’environnement au deuxième rang en tant qu’enjeu le plus important après les inégalités entre les riches et les pauvres. La population doit se réveiller et voir l’impossibilité de conjuguer son désir d’engagement envers l’environnement et la mise en œuvre de projets polluants.

Ne pourrait-on pas investir dans le projet d’un réseau structurant, continuer de développer les transports en commun de Lévis, les réseaux cyclables, et évaluer les activités de déploiement du covoiturage et de l’autopartage ? Plus encore, peut-on considérer une meilleure gestion des déplacements aux heures de pointes et le développement du télé-travail ? Tous et toutes sont en faveur d’améliorer la fluidité de la circulation entre Lévis et Québec, mais la planète exige que ce soit par un autre projet que celui du troisième lien.

 

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