La faisabilité des promesses de Québec solidaire

Par Marie-Hélène Boucher
Publié le 28 septembre 2018
Affiche de Julie Delzant puisée dans les affiches créés par le public à l’invitation de Québec solidaire.

Québec solidaire veut mettre en place une assurance dentaire, réduire de 50% les tarifs du transport en commun, instaurer la gratuité scolaire et diminuer le temps d’attente aux urgences, des choix de société qui auraient un coût assez élevé pour le gouvernement.

Des sources de revenu diversifiées

Cependant, ce parti souhaite mettre en place douze mesures pour se doter des moyens financiers nécessaires pour réaliser ses promesses. La principale source de revenus supplémentaires pour Québec solidaire serait Pharma-Québec, par la création d’un système public d’achat et de fabrication de médicaments. Cela permettrait de réduire le coût des médicaments de 40 % et de réaliser des économies de 2 510 millions de dollars. En même temps, la réforme de la fiscalité des grandes entreprises permettrait d’aller chercher 2 170 millions de dollars puisque le taux d’imposition passerait de 11,7 % à 14,5 %. Le taux d’imposition des petites et moyennes entreprises resterait inchangé.

Québec solidaire, en dévoilant sont cadre financier, a soutenu que la classe moyenne ne payera pas plus d’impôts. Ce parti souhaite seulement imposer davantage les gens disposant d’un revenu supérieur à 97 000 $ en créant plus de paliers d’imposition qu’il en existe présentement et en mettant fin aux crédits d’impôt dont certaines de ces personnes sont admissibles. Le système des paliers d’imposition que voudrait instaurer Québec solidaire réduirait même légèrement les impôts pour les individus ayant un revenu de moins de 50 000 $. Cette réforme de la fiscalité des particuliers permettrait d’aller chercher 2 050 millions de dollars.

Ce parti veut aussi miser sur la lutte à l’évasion fiscale et à la corruption, la réduction du salaire des médecins, le retrait des subventions aux écoles privées, la taxation des achats en ligne ainsi que les revenus fiscaux associés à l’augmentation du salaire minimum. Il pense également augmenter les redevances des entreprises qui extraient des minerais et utilisent l’eau douce pour des coûts ridiculement bas. En 2017, 1 000 milliards de litres d’eau douce ont été prélevés par les industries québécoises. Cela a rapporté 3,2 millions de dollars au gouvernement provincial ce qui est beaucoup moins qu’en Ontario où les redevances sur l’eau sont sept fois plus élevées.

La volonté de vraiment changer les choses

Québec solidaire générerait même dans les coffres de l’État québécois des surplus budgétaires de l’ordre de 950 millions de dollars. Donc, les élections arrivant à grands pas, il faut prendre en considération ce parti qui offre une alternative intéressante du point de vue du bien-être de la population tout en étant réaliste. Ses membres ont le courage de prendre certains moyens pour essayer de changer les choses, car ils ne comptent pas en premier lieu sur l’appui de certains lobbies(pétrolier, pharmaceutique, etc.) comme certains partis ont pu le faire par le passé ou le font encore aujourd’hui.

 

 

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