Opinion: G7, une véritable campagne de peur

Par Vania Wright-Larin
Publié le 15 mai 2018
Un terrain de golf dans Charlevoix.

Depuis l’annonce que le G7 se tiendra dans Charlevoix les grands médias publient presque quotidiennement l’état des préparatifs. Ça en devient une véritable obsession. Pas de dossier sur les enjeux, pas de beaux schémas pour expliquer ce qu’est le G7, pas de portrait des dirigeant-e-s : c’est à croire qu’ils se sont donné le mot pour taire les véritables enjeux.

Par contre, le moindre détail sur les préparatifs de la «sécurité» du G7 est propulsé en une dans une surenchère du titre le plus alarmiste. C’est un peu comme si on voulait sciemment décourager toute personne de manifester contre cette grande mascarade.

Les manifestations sont systématiquement dépeintes comme étant potentiellement dangereuses, hors de contrôle, sauvages… Le déploiement des mesures de sécurité d’une ampleur complètement surréaliste est plutôt décrit comme une planification rigoureuse qui vise à prévenir toute éventualité.

Qu’elle soit consciente ou non,  la couverture médiatique qui est faite du G7 ressemble dangereusement à de la propagande. C’est un peu comme si on préparait les forces de l’ordre à réprimer, et la population à applaudir quand les premiers coups de matraques vont tomber.

Pendant que les médias contribuent à faire germer un climat de peur dans la population, le Groupe intégré de la Sécurité (GIS) * semble se préparer pour la troisième guerre mondiale ou une invasion d’extraterrestre. S’ils déploient le même genre de ressources qui furent déployées à Québec en 2001, on peut s’attendre à tout et n’importe quoi. Des équipes d’infiltration, des visites dans les groupes communautaires, des interrogatoires improvisés, de l’écoute électronique, de la surveillance des réseaux sociaux.

Si le but officiel est de démasquer d’éventuel «casseurs», on ne peut pas passer sous silence l’impact de tout ce déploiement sur la population.  À quelques semaines du G7, la ligne si mince qui sépare la sécurité civile de la répression politique a déjà été franchie. Décidément, la peur semble être au cœur de la stratégie canadienne pour éviter de trop importantes mobilisations populaires.

 

* le GIS regroupe le SPVQ, la Sécurité publique de Saguenay, la SQ, la GRC, et les Forces armées canadiennes)

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