Le Sommet du G7, une imposture

Par Pierre O.
Publié le 11 mai 2018

Extrait de l’exposition Mascarades de Boris Firquet. les 8,9 et 10 juin à La Bande Vidéo, 541, Saint-Vallier Est. Photo: La Bande Vidéo.

Le Sommet du G7 est l’un des plus importants événements de promotion et d’organisation de la globalisation financière dans les relations internationales. Cette rencontre annuelle entre les chefs d’État des sept pays impérialistes vise à édicter les rapports entre ces pays selon différents enjeux au cœur de leur expansion économique.

Cette grande rencontre internationale aura lieu les 8 et 9 juin prochains au Casino de Charlevoix. Pour dénoncer la tenue de cet événement antidémocratique, des actions sont en vue dans les milieux communautaires et militants. Le RÉPAC, le RRAG7 et la Coalition pour un forum alternatif au G7 prévoient intervenir pour dénoncer l’événement ainsi que pour conscientiser la population sur les enjeux de sa tenue.

Le Sommet Québec 2018 aura lieu dans un environnement hautement « militarisé » par les services policiers et les forces armées. La région de Charlevoix, contrôlée par un système de « checkpoints », de zones surveillées et de grilles, sera prise en otage par les élites économiques afin d’en éloigner ou d’y limiter la contestation. Il va sans dire que les frais seront grassement épongés par les fonds publics.

Au coût de plus de 1.5 milliard, la tenue de cet événement visera à soulever une panoplie d’enjeux allant des migrations ethniques à « l’égalité des sexes » en passant par les stratégies de développement technologique avancé. Cet agenda demeure cependant bien dérisoire considérant l’effort actuellement déployé par ces acteurs politiques dominants afin de réprimer les pistes de solution n’engrangeant pas une augmentation des profits de la haute finance. Face à cette méprise du bon sens, les acteurs sociaux veulent revendiquer leurs solutions et leur voix démocratique.

Ateliers et actions à venir

Pour ce faire, ils entendent, dans un premier temps, mobiliser les citoyens par des séances de discussion et d’information. Cela se concrétise par une série d’ateliers dont certains ont déjà eu lieu, comme l’atelier sur la condition féminine. Deux autres ateliers plus généraux suivront les 15 et 28 mai, respectivement à l’Auberge de jeunesse de la Malbaie et à la Korrigane. Ils constitueront une bonne occasion de se rattacher à des initiatives en marche et de mieux connaître l’articulation profonde des possibilités de changement. Dans un second temps, une fin de semaine d’actions est prévue sur les lieux du Sommet ainsi qu’au centre-ville de Québec les 7, 8 et 9 juin. Une coalition composée d’acteurs syndicaux, militants et communautaires, mettra alors de l’avant ces idées auxquelles travaillent déjà, dans l’ombre, nombre d’acteurs sociaux et économiques importants.

Il est évident que la contestation de ce sommet n’a peut-être plus aujourd’hui la même portée significative que lors du Sommet des Amériques en 2001. Il faut être conscient que le blocage de ces événements constitue une tâche parmi celles qui sont nécessaires. Cela s’ancre dans un refus complet d’un ordre mondial se resserrant de plus en plus sur les choix sociaux, économiques et politiques qui nous sont disponibles.

Qu’est-ce qu’une zone de «libre expression» ?

Ces zones sont aménagées afin de contenir les réactions lors d’événements politiques. Elles sont un périmètre tracé par la police où l’on peut brandir une affiche ou clamer un slogan. Ces zones sont cependant trompeuses. Si elles sont imposées comme une alternative acceptable, c’est que nous ne sommes pas vraiment possesseurs du droit de négocier. Les autorités ont décidé que l’événement aura lieu que nous le voulions ou non et la zone sert de faux compromis pour laisser ceux qui ne sont pas d’accord parader dans l’espoir d’un peu d’attention. Si nous nous y prêtons naïvement, nous ne pouvons y apparaître que comme le rejeton critique et sans portée qui accompagne le pouvoir politique partout où il va.

Pour être pris au sérieux, il ne s’agit pas nécessairement de privilégier la violence, mais d’agir en connaissance de ce jeu politique. Ceux qui ne démontent pas ce mensonge dans leur façon de se présenter dans ces zones confirment par leur présence le détournement du débat profond vers les cas de débordement. Au contraire, si la zone illustre bien que le débat n’a, en fait, pas eu lieu, il est plus aisé de comprendre de l’extérieur l’aspect politique de la colère d’autres manifestants.

Si la non-violence est parfois plus suspecte que l’on ne l’imagine, ce n’est pas pour autant que les manifestants violents ont nécessairement compris cet enjeu. Bref, si la caméra désire filmer un spectacle, montrons-lui scrupuleusement que nous n’en faisons pas partie. Pour plus d’informations sur les initiatives en cours, consultez le calendrier sur la page Facebook Info G7.

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