G7 : Justifier les dépenses

Par Vania Wright-Larin
Publié le 23 mai 2018
Extrait de l’installation Mascarades de Boris Firquet présentée à La Bande Vidéo, 541, Saint-Vallier Est. La galerie sera ouverte spécialement pendant le G7, du 8 au 10 juin. Photo: La Bande Vidéo.

Six-cents millions de dollars, c’est au bas mot ce que va nous coûter collectivement la venue du G7 dans Charlevoix. Une rencontre dont nous ne connaîtrons probablement jamais le réel contenu. Par contre on sera sans aucun doute aux premières loges du gargantuesque déploiement policier : VUS modifiés, hélicoptères, Taser, fusil à balles de plastique, horde d’anti-émeute, tireurs d’élites, sous-marin, chasseurs de l’armée canadienne, l’étalage de tout le matériel ne semble pas avoir de fin. On se dit qu’ils doivent bien redouter quelque chose de gros pour se préparer comme si la rébellion de  Star Wars préparait sa grande offensive.

Et si ce n’était pas le cas ? Et si tout cet étalage de force était en fait un spectacle, une forme de propagande qui viserait à nous décourager de prendre la parole pendant le G7 ? On se demande vraiment à quoi pourront bien servir l’aviation et les forces navales. Personne n’ira manifester en bateau. Et même si un illuminé s’approchait en kayak avec une pancarte, qu’est-ce que ça ferait ?

Peu importe la «menace» réelle ou imaginaire, il faudra bien justifier cette démesure sécuritaire. En 2001, l’arrestation patentée du groupe Germinal avait permis, à quelques heures du Sommet des Amériques, de confirmer la présence de «casseurs» organisés parmi les manifestant-e-s, donnant ainsi l’aval nécessaire au plus grand show de boucane jamais présenté à Québec. Pourtant on allait apprendre durant le procès de Germinal que deux agents étaient infiltrés dans le groupe depuis plusieurs semaines.

Il faut donc garder un sens très critique face à la tenue imminente du G7. Essayera-t-on encore une fois de manipuler des manifestant-e-s un peu trop motivé-e-s pour en faire un exemple au bon moment, histoire de justifier les dépenses ? Est-ce qu’on sera tenté d’envoyer des agents provocateurs lancer trois ou quatre roches au moment opportun comme ce fut le cas à Montebello en 2007 ?

Et si personne ne se présente dans l’enclos de libre-expression, est-ce qu’on conclura que tout le monde approuve le G7 ? Non ! Ce sera assurément parce qu’enclos et libre-expression, ça ne va pas ensemble.

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