Pourquoi déménagerait-on le marché du Vieux-Port?

Par Nathalie Roy
Publié le 6 mars 2018
Le marché du Vieux-Port un matin d’hiver. Photo: Nathalie Roy

La vision que se fait l’administration municipale de la Ville de Québec du développement des quartiers centraux ne coïncide pas toujours avec les besoins ressentis par les résidants desdits quartiers. On est sidéré de voir les commerces et les services s’éteindre à petit feu, dans un centre-ville qui était naguère semblable à celui d’une capitale, débordant d’activité et attrayant pour tout le monde.

Dans le genre « virages pris pour favoriser des non-résidants », le dossier du déménagement du marché du Vieux-Port est une perle.

D’abord, il a fallu que l’administration Labeaume fasse fi des demandes des riverains pour décider de fermer le marché du Vieux-Port et de déménager ses activités sur le site d’Expocité alors que, plus d’une fois et sans équivoque, ils s’étaient exprimés en faveur du maintien sur son site actuel. Puis, comme pour compenser la perte imposée aux clients assidus du marché, on leur a promis de laisser un marché satellite, sur le site où prospère le marché depuis plus de trente ans.

On le sait, le marché du Vieux-Port est fréquenté par de très nombreux producteurs et clients ravis de se rencontrer, saison après saison, devant les étals de produits frais.

Dernier rebondissement dans l’affaire du marché, le marché satellite ne resterait pas sur son site, au bord du Bassin Louise. L’administration Labeaume préfère le transplanter environ un kilomètre à l’est, sur la Place des canotiers ou sur la Place de Paris.

Mais quelle clientèle veut-on servir, en déménageant le marché au milieu ou au bord de l’une de ces places ? La population des alentours ? Vu l’étendue des places visées, les habitants des rues voisines resteraient éloignés de cet éventuel marché satellite. D’ailleurs, les adresses résidentielles autour des deux places sont d’autant moins nombreuses que l’emplacement, au bord du fleuve, n’a de rues que sur la moitié de sa circonférence.

Appuyé sur le quai, le marché accueillerait les passagers des navires qui feront escale à Québec. Ce seraient surtout des croisiéristes, ceux que la Ville, écoutant les sirènes de l’Administration portuaire de Québec, est prête à servir sans compter en espérant que leur nombre s’enfle d’année en année. Ainsi, les clients actuels du marché du Vieux-Port, qui font leurs emplettes à pied, n’auront qu’à marcher un kilomètre plus loin pour trouver les produits du marché.

Et le parc public, qui s’étire le long du Bassin Louise et où il est si agréable de pouvoir se promener, en toute saison, deviendrait disponible pour des usages privés, liés aux croisières et au tourisme ? Non. Nous refusons de nous faire enlever le marché du Vieux-Port.

Commentaires

  1. L’œuvre de Jean Pierre Raynaud gênait l’implantation d’un marché satellite sur Place de Paris. Cette sculpture aurait pu être démontée, restaurée et relocalisée; mais on l’a démolie.

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