Aide sociale: une augmentation truquée

Par Lorraine Paquet
Publié le 6 février 2018
Manifestation de l’Association de défense des droits sociaux (ADDS) pour dénoncer les coupes à l’aide sociale du gouvernement libérale. Photo: Réal Michaud

Peut-on imaginer geste plus vil, plus bas, plus abject que s’en prendre aux petits, aux faibles, aux démunis ? C’est exactement ce que notre gouvernement vient de faire dans le cadre de son programme de lutte contre la pauvreté où il a décidé d’accorder 73 $ de plus par mois aux personnes bénéficiaires de l’aide sociale inaptes au travail. Magnifique, dira-t-on !

Sauf que, certains assistés sociaux, ceux que l’état de santé délabré oblige à vivre en foyer supervisé, autrement dit, les plus vulnérables, ont eu la surprise de voir leur loyer augmenté de… 73 $ par mois. J’hallucine ! On pousse la cruauté mentale jusqu’à leur donner cette somme pour mieux la leur enlever en même temps !!! Leur tort ? Être plus malades que les autres.

Quel choix leur reste-il ? Déménager ? Ça coûte cher. Ça implique d’aller contre les indications du médecin ou du travailleur social. Ça demande une énergie, une autonomie, un sens de l’organisation qu’ils n’ont pas. Comment faire quand on est démuni au point de ne pouvoir planifier son épicerie, se cuisiner un repas, laver la salle de bains ? Supposons que ces personnes réussissent à vivre ailleurs, c’est le marasme assuré. Lesquels, parmi ces malades vont protester, monter aux barricades ? Notre administration a beau jeu de s’en prendre aux plus chancelants.

Je cherche les épithètes pour qualifier l’inqualifiable. Stupidité ? Injustice ? Bassesse ? Non, ce geste inadmissible relève de l’abjection pure et simple. La preuve est faite, un gouvernement atteint de pauvreté du cœur ne peut rien contre la pauvreté financière. J’espère qu’on va rectifier le tir le plus tôt possible.

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