17 janvier 2018 au Centre Jean-Guy-Drolet: Échanges entre citoyens et promoteur

Par F. Provençal Doyle
Publié le 6 février 2018
Église Saint-François d’Assise. Photo: Marc Boutin

D’entrée de jeu en ce mercredi 17 janvier, Raymond Poirier, président du conseil de quartier Limoilou, a tenu à préciser, devant la centaine de citoyens réunis au Centre communautaire, qu’il s’agissait non pas d’une consultation publique mais bien d’une séance d’échanges et de discussion sur le projet Hedley, un édifice de 18 étages devant remplacer l’église Saint-François-d’Assise.

Le promoteur, Benoit Raymond, et son architecte, Micheline Dufour, ont ensuite pris le micro pour d’abord dire que l’église était un élément important de notre patrimoine mais qu’elle reposait sur un sol instable, qu’elle était fermée depuis 2012 et que sa restauration coûterait au moins deux millions de dollars.

Le Hedley, un nom relié à l’histoire de Limoilou, aurait deux étages de commerces au bas de l’édifice, 119 stationnements souterrains et, sur les 16 étages supérieurs, 103 logements à un prix mensuel variant entre 900 $ et 1 600 $. La tour de l’édifice serait située côté est, en bordure de la 1ère Avenue et l’entrée du stationnement sur la rue Saint-Martial. Une placette publique avec œuvre d’art remplacerait le parvis de l’église.

L’ensoleillement resterait intacte rue Saint-Martial, l’ombre de l’édifice étant surtout projeté du côté de l’hôpital le matin, allant graduellement vers la cour d’école en après-midi. L’architecte a présenté un plan d’ombre, daté de midi le 21 juin, l’instant de l’année où l’ombre est la plus courte; le 21 décembre à la même heure, c’eût été une tout autre histoire.

Côté ouest, un basilaire de deux étages ferait dévier les vents qui pourraient s’abattre vers l’espace piéton. Quant à la tour, on a voulu éviter de construire un bloc trop massif tout en respectant le cadre bâti du voisinage qui comprend un édifice de 15 étages, Le Flandre. Le promoteur a ajouté qu’un des buts du projet était de ramener des gens en ville, de densifier le quartier et ainsi de combattre l’étalement urbain.

Réaction du public

Après la pause, l’opposition au projet venant de la salle n’a pas tardé à se manifester. Un projet d’un autre âge, un projet passé de mode qui fait penser aux aberrations qu’on a connues jadis sur la colline parlementaire. Vouloir densifier, c’est bien beau mais on est dans un quartier déjà très dense. Quant à la circulation automobile, des résidants de la rue Saint-Martial refusent carrément d’en subir la congestion. D’autres, à cause des 119 places disponibles, voient à l’avance des bouchons sur les rues de l’Espinay et Royal-Roussillon.

Selon une dame, le Flandre, cette horreur architecturale, est le résultat d’une erreur urbanistique. Le Hedley ne viendrait que grossir l’erreur. Un citoyen lance un compliment piégé : « Monsieur le promoteur, vous avez un beau projet mais pas ici, construisez-le ailleurs; allez sur la Pointe-aux-Lièvres. Avec les prix que vous exigez pour les logements, ça va gentrifier le quartier. »

Certains ont suggéré que l’église pourrait être conservée et que la Ville aurait pu jouer un rôle en ce sens. Mme Verreault, conseillère, a répondu que la Ville n’étant pas propriétaire, elle ne peut rien faire. D’autres se sont plaint que le zonage n’a pas été respecté. La conseillère a assuré que des consultations véritables se tiendraient bientôt et qu’on pourrait y discuter zonage.

Je suis resté avec l’idée que les gratte-ciel ne sont pas très populaires au centre-ville de Québec, que les citoyens sont conscients de l’effet délétère qu’ils provoquent dans les quartiers denses. Le problème du Hedley n’est pas à proprement parler d’ordre architectural mais plutôt urbanistique, un problème d’intégration sociale et morphologique à un milieu urbain équilibré et dynamique.

Commentaires

  1. Le texte est intéressant. Le titre : « Au centre Jean-Guy-Drolet » porte à confusion. Jamais dans le texte il n’est question de Jean-Guy Drolet. Pas plus pour nous expliciter le nom du personnage. Sous quelles latitude et coin de rue se situe ce centre Jean-Guy Drolet. Sinon, pourquoi en faire mention dans le titre, pour ne jamais y revenir. C’est un peu l’antithèse du journalisme ?

    Mes questions sont évidemment des sophismes, car je connais Jean-Guy Drolet. J’aurais aimé savoir qu’un centre portait son nom.

    Voilà tout.

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