Un vote contre la droite proautomobile

Par Marc Boutin
Publié le 26 octobre 2017
Dessin: Marc Boutin

Le cinq novembre prochain, tant pour le poste de maire que pour celui de conseiller de mon district, j’irai voter pour les candidats de Démocratie Québec. D’abord, il est important de consolider l’opposition au Conseil municipal contre la droite proautomobile. Par la droite proautomobile, je pense ici autant à l’équipe Labeaume qu’à Québec 21.

La dépendance à l’automobile est, pour Québec, plus que pour toute autre ville nord-américaine1, un fardeau autant financier qu’environnemental. Cette dépendance, qui met à mal le caractère urbain de la ville, a assez duré, et dans ce dossier l’Équipe Labeaume a royalement raté sa chance tandis que le parti Québec 21 de Jean-François Gosselin, un espèce de sous-produit de la CAQ, annonce pire encore.

La démocratie à la sauce Régis

Autre dossier à mettre au bilan négatif de l’équipe sortante : la démocratie. J’ai toujours considéré Régis Labeaume comme un maire prévaricateur, un maire qui manque aux devoirs de sa charge. Il est du devoir d’un maire de voir au respect des règles de zonage et, dans tout rapport de force avec un promoteur, de représenter d’abord ses concitoyens.

Dans la plupart des cas où un promoteur s’est placé en conflit avec des résidants, Régis Labeaume a pris la part du promoteur et non des résidants. Je pense ici aux projets Maria-Goretti (Charlesbourg), de l’Ilot Irving (Saint-Jean-Baptiste), de la Maison Béthanie (Cité), du Phare (Sainte-Foy), des terrains des  Sœurs de la Charité (Beauport), du Centre Durocher (Saint-Sauveur) et j’en passe.

Quand le zonage est bafoué, ce sont les droits des citoyens du secteur concerné qui doivent être protégés et c’est le rôle d’un maire d’assurer cette protection. C’est pour ce faire qu’il est élu, qu’il reçoit salaire. Or Labeaume se défile trop souvent derrière sa cote de popularité globale pour refuser sa protection à une population locale qui réclame le respect du zonage dans son quartier, population locale qu’il ignore tout simplement ou qu’il voit comme de petits magouilleurs politiques.

Si un promoteur veut changer le zonage, c’est aux citoyens concernés par le projet de ce promoteur de faire valoir leur volonté. Et lorsqu’un conflit apparaît, le référendum reste le dernier recours pour que l’affaire se règle sur une base démocratique. Mais M. Labeaume a tout fait auprès des libéraux pour que les citoyens de Québec perdent leur droit au référendum afin que ses amis promoteurs, ces pitbulls de l’espace urbain, puissent avoir les crocs libres.

Démocratie Québec

On peut faire certains reproches à Anne Guérette mais pas celui d’avoir laissé tomber les citoyens engagés dans des luttes urbaines. Elle a pris position pour les résidants de son district dans les luttes concernant la possible fermeture du Marché du Vieux-Port, le respect du zonage à l’Ilôt Esso dans Montcalm et à la maison Béthanie, rue Couillard.

Elle a aussi appuyé la position citoyenne dans plusieurs luttes urbaines hors de son quartier comme celles pour la transformation du Centre Durocher en Maison de la culture et pour préserver le zonage agricole des terres des Sœurs de la Charité. Sa prise de position pour le tramway est de loin plus avant-gardiste que celles de ses adversaires Labeaume (SRB) et Gosselin (pont ou tunnel vers la Rive-Sud).

Ses candidats au centre-ville, Smith dans Limoilou, Mbaï dans Saint-Roch-Saint-Sauveur et Rousseau en Haute-Ville-Cap Blanc promettent de respecter d’abord la volonté citoyenne. La conseillère sortante de l’Équipe Labeaume dans Saint-Sauveur, Chantal Gilbert, n’a pas cru bon appuyer les citoyens du quartier dans l’affaire du Centre Durocher bien que 168 sur 170 d’entre ceux qui avaient assisté à deux assemblées publiques sur le sujet se soient opposés à sa démolition. Madame Gilbert recevait ses directives directement de Régis Labeaume et a ignoré la voix citoyenne. Cela s’appelle un pouvoir autocratique, l’antithèse même d’un pouvoir démocratique.

Il faut mentionner l’arrivée sur la scène municipale d’un nouveau parti, Option Capitale-Nationale. Il s’agit d’un coup de vent frais mais qui arrive un peu tard et qui peut diviser le vote anti-Labeaume. On espère que ses membres resteront dans le décor pour faire leurs premières armes dans les luttes urbaines.

 

1- Québec est la ville qui a le plus grand nombre de kilomètres d’autoroute par habitant. (20km d‘autoroute par 100 000 habitants pour Québec alors que la moyenne pour les villes nord-américaines de plus de 500 000 habitants est de 10km par 100 000 habitants).

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