Du houblon contre la pollution

Publié le 2 mars 2017
La Fondation Coule pas chez nous! s’associe à une vingtaine de microbrasseries québécoises pour lutter contre l’oléoduc Énergie Est.

Par Nathalie Côté

La fondation Coule pas chez nous! lance une campagne pour dénoncer la construction du projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada en s’associant à une vingtaine de brasseurs de bière du Québec. Voilà une belle manière de remettre la contestation du projet de pipeline à l’ordre du jour pendant que les lobbyistes de TransCanada continuent leur travail en catimini.

La bière Coule pas chez nous est une India pale-ale à 3,9% brassée par les microbrasseries qui se sont réunies pour la protection de l’eau, la matière première des amateurs de bière.
Les microbrasseries sont toutes plus ou moins situées le long de l’éventuel parcours du pipeline Énergie Est et ont à cœur le développement  local et la protection des cours d’eau. La bière est 100% québécoise : le houblon vient de l’Outaouais,  le malt de la Beauce.  Chaque région pourra se targuer d’avoir sa microbrasserie contre Énergie Est. À Québec, la Barberie et Griendel serviront la bière militante. Quelques 12 000 bouteilles ont aussi été mises en circulation au Québec chez plusieurs détaillants.

#PasDeauPasDeBière

Cette campagne de sensibilisation, portant sur les effets négatifs du projet d’oléoduc sur les rivières, se déroulera pendant tout le mois de mars. Les gens sont invités à se photographier avec la bière en allant sur #PasDeauPasDeBière  pour participer, chacun à leur façon,  à la campagne.

Pour chaque bière vendue, les microbrasseries donneront une partie de leurs profits aux comités citoyens qui travaillent sur le terrain pour lutter contre le pipeline.

Anne-Céline Guyon en compagnie de représentants des microbrasseries à la Barberie lors du lancement de la campagne.

Le pipeline, un enjeu électoral?

Cette campagne arrive au moment où tout est au beau fixe au gouvernement fédéral comme au provincial sur le projet d’exportation des sables bitumineux d’Alberta. Comme le souligne  la porte-parole de la fondation Coule pas chez nous! Anne-Céline Guyon, les libéraux du  gouvernement Couillard semblent ne pas vouloir bouger sur le dossier pour que la décision soit prise après les élections de 2018, histoire de ne pas influer le vote. Une décision favorable au projet Énergie Est pourrait faire perdre des voix en faveur du gouvernement libéral.

À ceux et celles qui pensent qu’avec l’accord de Donald Trump au pipeline de Keystone XL, le projet Énergie Est risque d’être abandonné, Anne-Céline Guyon répond: «TransCanada est une entreprise privée qui a intérêt à voir son projet se réaliser. Ils vont tout faire pour que cet oléoduc voit le jour.» Le gouvernement canadien veut stimuler l’exportation des sables bitumineux et dans cette perspective, la lutte contre Énergie Est se poursuit pour les environnementalistes.

TransCanada continue son lobbying

Cette campagne permet à la Fondation Coule pas chez nous! de prendre les devants et de continuer à alimenter le débat. Comme Anne-Céline Guyon le souligne, les représentants de TransCanada rencontrent actuellement des élus municipaux et les propriétaires de terrains. Le directeur de TransCanada, Louis Bergeron, se déplace lui-même  pour ce faire,  rappelle la porte-parole de la fondation.

À Québec, alors que la position complaisante du maire Labeaume sur le projet d’oléoduc est bien connue, cette question pourrait bien être un des enjeux lors des élections municipales de l’automne 2017.

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