À Québec, la contre-manif antiraciste prend la tête de la marche

Publié le 4 mars 2017
Sur la rue Saint-Louis dans le Vieux-Québec. Photo: Lynda Forgues

Par Lynda Forgues

Dans plusieurs villes canadiennes, dont Québec, des contre-manifs se sont organisées le 4 mars pour s’opposer à l’appel des organisations d’extrême-droite contre la motion 103 du gouvernement fédéral. La motion a pour but de se pencher sur le racisme et l’islamophobie grandissants dans l’espace public.

À Québec, La Meute, une organisation ouvertement islamophobe et anti immigration, avait relayé cet appel canadien du CCCC (Canadian Coalition for concerned citizens). De son côté, le Mouvement étudiant révolutionnaire avait organisé un événement à partir de Facebook pour contrer la manif raciste.  La police avait averti qu’elle aurait à l’œil tant les manifestants que les contre-manifestants.

Deux camps opposés

Par un froid de canard, tout a débuté dans l’ordre et a pourtant pris une tournure tout à fait inattendue. Comme on l’imagine, le devant de l’hôtel de ville était divisé en deux camps très opposés. Du côté de La meute et de ses associés, les Soldiers of Odin et la Storm Alliance, tout était assez uniforme, dans les bannières, les pancartes et les drapeaux. Un service d’ordre très apparent veillait au grain. La moyenne d’âge était plutôt élevée. De l’autre côté, des personnes de divers horizons, des pancartes maison, des drapeaux chiffon, rouges ou noirs. Et beaucoup de jeunesse qui donnait au contingent un côté assez taquin qui rappelait certaines manifestations de 2012.

Démocratie directe

D’ailleurs, on s’y serait cru aux manifs de soir de 2012, quand la police est venue demander aux contre-manifestants de libérer la voie pour laisser passer la manif, et qu’ils ont cherché le responsable pour lui parler. Les personnes ont dit : «il n’y a pas de responsables, nous allons nous consulter.»

La décision prise fut que la contre-manif allait marcher devant et non en fin de cortège. On voit bien là que le mot contre-manif prend tout son sens. Est-ce que vraiment ces personnes y croyaient que ça marcherait? On peut se le demander. Quand le départ a été lancé, on voyait bien à leurs expressions que la plupart étaient très étonnées de se retrouver à l’avant, avec des slogans, des pancartes et des bannières antiracistes, à la manif raciste de ce 4 mars.

 

«On marche devant, la Meute en laisse»

Le contingent antiraciste en a ainsi profité pour trôler en scandant des slogans improvisés pour la situation tels que : «Si la Meute nous suit, c’est parce qu’elle nous appuie», ou «On marche devant, la Meute en laisse», sans oublier les : «la jeunesse emmerde les sales xénophobes» et «Pas de racistes dans nos quartiers», ou «Personne n’aime les racistes».

Pour finir, au retour devant l’hôtel de Ville, les jeunes se sont installés sur les marches pour rappeler que les racistes n’ont pas leur place à Québec.

 

 

 

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